Dans leur lettre ouverte, trois porte-parole de groupes environnementaux mettent en cause la conscience sociale, voire l'intégrité, des constructeurs d'habitations. Selon eux, les constructeurs ne se livrent rien de moins qu'à une destruction des boisés, des milieux humides et des terres agricoles, et la commission Charbonneau devrait lever ce qu'ils appellent l'omertà qui entoure cette pratique.

Jean-Pierre Sirard<br><i>L'auteur est PDG de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ). Il réagit à l'opinion intitulée « Levons l'omertà », publiée le 7 février.</i> LA PRESSE

L'APCHQ, qui représente 16 000 membres provenant de toutes les régions de la province, s'inscrit en faux contre cette allégation. On parle ici de PME dirigées par des hommes et des femmes qui ont à coeur de bien faire leur travail, de contribuer au mieux-être de la société et d'agir avec honnêteté au sein d'une industrie responsable.

Tous les constructeurs veulent vivre dans un environnement sain et le préserver pour les générations futures. C'est un besoin essentiel. Mais ils doivent aussi satisfaire un autre besoin essentiel: celui d'aider les gens à se loger dans les meilleures conditions et au plus bas prix possible.

En matière d'environnement et d'aménagement du territoire, les constructeurs d'habitations se conforment aux lois provinciales, aux schémas d'aménagement des municipalités régionales de comté, ainsi qu'aux plans d'urbanisme et aux règlements municipaux.

Les fonctionnaires du ministère de l'Environnement sont très stricts dans l'application des lois et des règlements touchant la protection des espaces naturels. Penser que les constructeurs peuvent contourner ce processus d'approbation touchant plusieurs juridictions, grâce à des stratagèmes illégaux ou immoraux, revient à leur donner un pouvoir démesuré qu'ils n'ont pas.

Avant la première pelletée de terre, il n'est pas rare que des projets de construction domiciliaires nécessitent plus de deux ans de préparation, d'approbations et de modifications afin de limiter l'empreinte environnementale des projets et de protéger les milieux naturels d'intérêt. Tous les efforts sont faits pour les protéger et quand ce n'est pas possible, pour des raisons qu'il faut justifier, des mesures compensatoires doivent être mises de l'avant.

Depuis maintenant plusieurs années, les projets résidentiels doivent prévoir une superficie minimum réservée aux espaces verts. Les entrepreneurs sont conscients de l'objectif de densification du territoire dans les régions métropolitaines et ils adaptent leurs projets à cette réalité.

Ces efforts s'inscrivent véritablement dans une optique de développement durable, tenant compte de la dimension environnementale, mais aussi de la réalité économique et sociale des différentes régions du Québec. Telle est la réalité des constructeurs d'habitations aujourd'hui.