Il est important de saluer l'initiative de la nouvelle ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, qui veut s'attaquer à la problématique du financement des écoles privées au Québec.

Alexandre Dumont<br><i>L'auteur est directeur de l'école primaire Sainte-Claire, à Longueuil.</i> LA PRESSE

D'aucuns ne peuvent remettre en question les problèmes du système éducatif public qui s'est malheureusement détérioré au profit des écoles privées. En ce sens, il serait pertinent de mettre en lumière certains faits qui permettent d'orienter notre réflexion à cet égard.

Dans un premier temps, le pourcentage d'élèves délaissant les bancs des écoles publiques pour aller joindre les rangs des écoles privées oscille aux alentours de 12% et atteint une proportion de 30% dans la région de Montréal. C'est plus de 130 000 élèves performants qui, bon an mal an, quittent nos écoles publiques.

Deuxièmement, le pourcentage d'élèves handicapés ou avec des difficultés d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA) est passé de 14,8% en 2003 à 20,1% en 2011 alors que le secteur privé voyait son effort majoré de 0,1%. Cependant, les récentes données du ministère sont encore plus significatives. Entre 2002 et 2009, les élèves HDAA sont passées de 117 604 à 161 109, ce qui représente une hausse de 37% au Québec.

De plus, les compressions gouvernementales des dernières années ont eu un impact réel et significatif sur les ressources affectées aux élèves en difficulté. En ce sens, il est important de rappeler que la Commission scolaire de Laval (CSDL) s'est vue dans l'obligation de couper 1,5 million dans le budget consacré aux élèves HDAA afin de maintenir l'équilibre budgétaire imposé par le gouvernement.

Est-il nécessaire de souligner que derrière ces chiffres, on retrouve un système public à bout de souffle qui peine à soutenir ses élèves, qui nécessite assurément un investissement plus significatif et surtout, une vision inspirante pour les prochaines années?

Depuis les années 60, le Québec tente par l'entremise de son système éducatif de développer une démocratie active et dynamique, ouverte à la participation citoyenne grâce à une éducation accessible, gratuite et universelle. Le Québec a besoin d'une école publique forte et soutenue par un gouvernement qui en fait la pierre d'assise de ses projets d'avenir.

La position du gouvernement Marois face aux écoles privées laisse poindre une lueur d'espoir à l'horizon. Peut-être que l'attente en valait finalement la chandelle...