Vendredi dernier se sont conclues à Montréal les audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) visant l'approbation de la demande d'acquisition d'Astral par Bell. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces audiences ont soulevé les passions et que l'avenir des médias au Québec et au Canada continue d'intéresser un grand nombre de gens.

Jacques Parisien<br><i>L'auteur est vice-président exécutif et chef de l'exploitation d'Astral.</i> LA PRESSE

De nombreux groupes ont profité des audiences pour manifester leur appui à la transaction et demander au CRTC d'autoriser Bell à acquérir Astral, créant ainsi une grande entreprise de communications bilingue, solidement enracinée au Québec et dans toutes les régions du Canada, capable de concurrencer équitablement des services étrangers tels que Netflix (qui ne contribue ni à l'économie d'ici, ni à la culture d'ici).

Il est toutefois ironique de voir que des entreprises telles que Québecor et Cogeco fondent leur opposition à cette transaction sur la crainte de voir les décisions de programmation des services d'Astral comme Canal Vie, Séries+ ou Rouge fm, être dorénavant prises depuis l'extérieur du Québec.

Dans les faits, de telles décisions se prendront au Québec, par des Québécois, pour les Québécois. Au lendemain de la transaction, ce seront les mêmes employés d'Astral qui mettront à profit leur expertise, leur talent et leur expérience pour continuer d'assurer le succès de ces chaînes de télévision et stations de radio qui divertissent et informent chaque jour des millions de Québécois.

Québecor et Cogeco le savent très bien et, en réalité, c'est la crainte de se mesurer à un concurrent féroce qui anime réellement leur opposition.

Au-delà de la qualité et de la grande variété des sources de divertissement auxquelles les auditeurs et téléspectateurs québécois continueront de bénéficier à la suite de cette transaction, nous sommes convaincus que les consommateurs sortiront grands gagnants et bénéficieront d'un paysage médiatique plus équilibré après plus d'une décennie de domination malsaine de Québecor.

Au lendemain de la transaction, Bell-Astral misera sur une part de l'écoute télévisuelle de langue française de 24%, presque aussi importante que celle de 31% qu'obtient Québecor avec TVA, TVA Sports, LCN, Argent et ses nombreuses autres chaînes spécialisées.

Depuis toujours, la concurrence pousse les entreprises à innover et exerce globalement une pression à la baisse sur les prix. Une telle concurrence sera non seulement saine pour les consommateurs, mais elle est souhaitable dans tous les secteurs.

Les profondes racines de Bell à Montréal et au Québec remontent à la fondation même de l'entreprise il y a près de 130 ans. Avec cette transaction, Bell demeurera le plus important employeur de l'industrie des communications au Québec (passant de 17 000 à 18 500 employés) et le deuxième employeur en importance de la province (excluant le commerce de détail). Bell deviendra la deuxième entreprise média en importance au Québec en termes de revenus, derrière Québecor Média.

Contrairement à la plupart des autres entreprises de l'industrie des médias, dont Québecor, Astral a toujours fait le choix de travailler en étroite collaboration avec le secteur de la production indépendante. Chaque année, plus de 175 millions sont investis par Astral et Bell auprès d'entreprises du Québec, dont AVANTI Ciné Vidéo, La Presse télé, Orbi XXI, Pixcom, Swan Productions, Trinome, Zone 3, et de nombreux autres, pour acquérir de la programmation de qualité. Ces producteurs indépendants emploient des milliers de Québécois.

Une vaste campagne de désinformation publique a été menée par certains de nos concurrents au cours des derniers mois pour tenter de manipuler l'opinion publique contre cette transaction. Nous sommes fiers d'avoir pu bénéficier de la tribune des audiences du CRTC pour présenter aux Québécois nos engagements concrets à l'égard du Québec et défendre le droit de nos consommateurs à connaître les vrais faits.