Je me sens dépité et je suis déçu de la situation du Parti québécois. En matière de gestion stratégique, lorsque les membres commencent à se décomposer ou à migrer chez le voisin, il faudrait se poser de sérieuses questions sur la qualité du management social, politique et organisationnel. Perdre de vue cet aspect peut conduire à des conséquences fatales et des situations irréversibles pour toute l'institution.

Kamal El-Batal<br><i>Ancien conseiller à l'exécutif national du Parti québécois de 2009 à 2011, l'auteur adresse sa lettre ouverte à la chef Pauline Marois.</i>

Lors d'une visite à votre bureau à l'été 2011, je me souviens vous avoir dit ceci: ne pas confondre leadership et légitimité. Au 16e congrès, les délégués vous ont accordé la légitimité d'assumer la direction de cette formation par un vote frôlant les 94%. Or, cela ne signifie aucunement «être ou agir à titre de leader efficace».

Le leadership efficace est un processus par lequel le chef et son équipe s'influencent mutuellement en vue d'atteindre certains objectifs. Cela ne peut avoir lieu que si l'écoute et la confiance sont présentes, et surtout si on sait comment les autres nous perçoivent.

Abstraction faite des motifs, les faits sont tangibles: sept députés ont quitté le navire, les sondages ne sont pas vraiment favorables pour une formation qui aspire à diriger le Québec. Pire, on ignore si l'hémorragie prendra de l'ampleur. Et, par principe de précaution, il faudrait mettre fin à l'enlisement.

En conséquence, l'alliance avec Québec solidaire, telle que proposée par Bernard Drainville, me semblerait une voie assez prometteuse. Sinon, on tombe dans le piège du déni qui, en réalité, ne représente qu'un mode de défense éphémère face à une situation assez préoccupante.