Science, on est en retard

« Le Québec devrait augmenter son nombre d'étudiants en... (Photo Thinkstock)

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« Le Québec devrait augmenter son nombre d'étudiants en sciences, mathématiques, informatique et génie », suggère notre éditorialiste.

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Projetons-nous en 2035. D'où viendra la richesse du Québec ? Sans jouer au futurologue, on peut à tout le moins dire quelles conditions permettront de la créer : plus de diplômés en science, et plus d'entreprises qui utilisent leurs connaissances.

En matière d'économie, voilà le mantra qu'on aimerait que chaque parti répète durant la prochaine campagne électorale. Le Québec devrait augmenter son nombre d'étudiants en sciences, mathématiques, informatique et génie, particulièrement à la maîtrise et au doctorat. Et il devrait inciter les entreprises à les embaucher pour mieux innover et croître.

Pour ce faire, pas besoin de défendre une vision utilitariste de l'éducation. Insistons : le savoir n'est pas qu'un moyen, c'est aussi une fin en soi. On ne veut pas favoriser la recherche appliquée par rapport à la recherche fondamentale - elles vont ensemble, car l'une mène à l'autre. Et on ne veut pas non plus dénigrer les sciences sociales par rapport aux sciences dites « dures ». Là encore, elles se complètent - si on ne pense plus la science, on sombre dans la technique.

Reste que le Québec gagnerait à ajouter de la science dans son économie. Car autant dans la diplomation que dans l'innovation du privé, nous accusons un certain retard sur le reste du monde. Le Québec est en avance sur la moyenne canadienne, mais il demeure tout de même sous la moyenne des pays de l'OCDE.

En 2015, le Conference Board* a examiné les taux de diplomation des provinces canadiennes en sciences, mathématiques, informatique et génie.

Le Québec obtient un maigre « D » en génie, informatique, mathématiques et sciences physiques.

Bien sûr, il n'y a pas que du négatif. Le Québec fait bien en sciences de la vie, avec un « B ». C'est aussi la province qui décerne proportionnellement le plus de doctorats. Ajoutons enfin que les jeunes québécois obtiennent d'impressionnants résultats en mathématiques. Mais malgré ces aptitudes, ils ne sont pas si nombreux à poursuivre des études supérieures en sciences. 

En décortiquant les chiffres, on comprend où agir. Ce sont les femmes et les non-immigrants qui sont beaucoup moins susceptibles d'étudier dans ces disciplines. Il y a un travail particulier de sensibilisation à faire auprès d'elles. C'est à la fois une façon de hausser leur revenu individuel et de développer l'économie du Québec.

LE RETARD DES FEMMES ET DES NON-IMMIGRANTS

Parmi les diplômés universitaires, pourcentage qui ont étudié en sciences, mathématiques, informatique et génie

14 % femmes/35 % hommes

18 % non-immigrants/35 % immigrants

Source : Statistique Canada, 2011

Même si le Québec comptait plus de diplômés en sciences, mathématiques, informatique et génie, cela ne réglerait pas entièrement l'autre problème : le trop faible investissement en innovation.

Là encore, même si le portrait s'améliore, le Québec traîne de la patte. En 1980, le Québec était le cancre des investissements en recherche et développement. Il y consacrait à peine 1 % de son PIB. Ce taux a grimpé dans les deux décennies suivantes. Mais depuis 2006, les investissements reculent.

Le Québec est en avance sur les autres provinces canadiennes, mais il fait moins bien que la moyenne de l'OCDE.

INVESTISSEMENTS EN R ET D EN % DU PIB

Canada : 1,65 %

Québec : 2,21 %

Moyenne de l'OCDE : 2,36 %

États-Unis : 2,74 %

Israël et Corée du Sud : 4,2 %

Source : OCDE

À qui la faute ? C'est surtout à cause des entreprises, dont les investissements ont freiné. On pourrait les inciter à faire mieux.

Notre aide aux entreprises est très conservatrice. Le deux tiers de l'argent est versé sous forme de crédit d'impôt. Et la majorité de cet argent va aux grandes entreprises établies depuis au moins 10 ans. On appuie les gros qui veulent grossir.

Les poumons de l'économie québécoise, ce sont pourtant les PME. L'aide pourrait être plus ciblée, afin de profiter aux petits acteurs aux grandes ambitions, comme le proposait entre autres l'année dernière le Centre sur la prospérité et la productivité des HEC**.

On ne peut pas prévoir l'avenir, mais on peut deviner qui saura en profiter : les plus éduqués et les plus audacieux. Le Québec a le réseau universitaire pour se positionner en tête. Il n'a pas le luxe de s'en priver.




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