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Une mort évitable

La mort de Fredy Villanueva, tombé sous les... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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La mort de Fredy Villanueva, tombé sous les balles d'un policier en 2008, aurait pu être évitée, selon un rapport du coroner déposé hier.

Photo André Pichette, archives La Presse

Fredy Villanueva n'aurait pas dû tomber sous les balles d'un policier le 9 août 2008, montre le rapport d'enquête du coroner (enfin) rendu public hier. Si plusieurs des parties visées par les recommandations assurent que la situation a évolué, il reste beaucoup de travail à faire.

Les constats les plus dérangeants ne portent pas sur les événements, mais sur le traitement qu'en ont fait les services policiers. La liste des manquements à l'enquête qu'ils étaient censés mener occupe une page complète du rapport. En négligeant de séparer les agents pour s'assurer que leurs versions ne se contaminent pas et en leur accordant beaucoup trop de temps pour remettre leurs rapports, ils ont littéralement compromis l'enquête du coroner. Même s'ils ne cherchaient pas à maquiller les faits, leur attitude renforce l'impression qu'obtenir justice est impossible quand des policiers sont en cause. Elle est d'autant plus choquante que le corps policier s'est montré autrement plus zélé dans le traitement des témoins civils, qui ont été isolés sur-le-champ et interrogés rapidement - même ceux qui étaient à l'hôpital après avoir essuyé une balle de l'agent Lapointe.

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), encore en gestation, ne règlera pas tout. Si le corps policier en cause fait fi des mesures prévues en amont pour assurer l'intégrité de l'enquête, les intervenants externes ne feront pas de miracles.

Comme de coutume dans les rapports de coroner, les recommandations du juge André Perreault ratissent très large. Est-il possible de trouver une arme de service qui tire moins de coups en un bref laps de temps, ou d'enseigner aux patrouilleurs à viser ailleurs que le haut du corps ? Il faudra voir. Par contre, plusieurs autres propositions devraient être appliquées sans attendre. À voir comment les choses ont tourné à Montréal-Nord, une formation sur les risques réels d'être désarmé et sur les facteurs à considérer lors d'interventions auprès de groupes ne serait pas du luxe. Des directives claires sur la façon d'intervenir quand l'infraction ne présente pas de danger imminent et sur la pertinence d'initier un contact physique non plus.

Si le rapport suggère beaucoup de choses sur la formation des futurs agents, il reste étonnamment muet sur la conduite à adopter dans le cas d'un policier déjà en fonction. Le coroner conclut que le contact physique initié par Jean-Loup Lapointe était précipité, que celui-ci ne risquait pas d'être désarmé et qu'il était le seul à craindre pour sa vie. Pourtant, bien qu'il ait pour mandat de «formuler des recommandations pour une meilleure protection de la vie humaine», il ne dit pas quel suivi un service de police doit assurer auprès d'un agent qui a une perception aussi décalée dans le feu de l'action. Dommage, car l'agent Lapointe, qui travaille aujourd'hui au Groupe tactique d'intervention (SWAT), n'est sûrement ni le premier, ni le dernier cas du genre.




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