Les pays du bassin méditerranéen ne sont peut-être pas des modèles de gestion des finances publiques, mais en matière d'alimentation, ils pourraient nous en remontrer. Le régime méditerranéen traditionnel diminue les risques de problèmes cardiovasculaires de façon notable, confirme une recherche publiée hier dans le New England Journal of Medicine.

«Les résultats de notre expérience pourraient expliquer en partie que la mortalité cardiovasculaire soit plus faible dans les pays méditerranéens qu'en Europe du Nord ou aux États-Unis», avancent les chercheurs espagnols.

Pour voir si le fameux régime méditerranéen peut vraiment faire une différence, ils ont recruté près de 7500 Espagnols dans une expérience qui s'est échelonnée sur plus de sept ans. Les participants ne souffraient pas de maladies cardiovasculaires, mais présentaient des risques importants: diabète de type 2, ou une combinaison d'au moins trois facteurs (tabagisme, hypertension, surpoids, hérédité, etc.).

Deux groupes ont été assignés au régime méditerranéen. Viandes rouges et charcuteries, produits de boulangerie industrielle et boissons gazeuses étaient déconseillés, fruits et légumes, poissons, légumineuses, noix et huile d'olive chaudement recommandés. Le troisième groupe suivait un régime faible en gras. Puis, les chercheurs ont noté les infarctus du myocarde, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les décès causés par des problèmes cardiovasculaires qui survenaient. Conclusion? Les patients soumis à un régime méditerranéen ont vu leur risque relatif diminuer d'environ 30%.

L'étude ne permet pas de savoir si ce type d'alimentation aurait un effet protecteur sur des sujets ne présentant pas de facteurs de risque, ni s'il serait aussi efficace dans d'autres régions du monde. Elle fait toutefois ressortir d'autres éléments intéressants.

La formule méditerranéenne n'apparaît pas seulement plus efficace, mais plus facile à adopter. En effet, même si un groupe était censé s'astreindre à un régime faible en gras, la consommation de ce nutriment n'a pratiquement pas diminué. Les changements bénéfiques se sont plutôt manifestés chez les participants qui suivaient le régime méditerranéen, dans le type de gras consommé.

C'est le triomphe de la substitution sur la privation. Le régime faible en gras recommandait deux fois moins d'aliments, et en interdisait deux fois plus, incluant des ingrédients bien vus dans le régime méditerranéen, comme les noix et les poissons gras. Résultat? Seuls les patients des groupes méditerranéens ont augmenté leur consommation d'aliments bénéfiques, comme le poisson et les légumineuses. Ces patients ont aussi augmenté leur consommation d'huile d'olive et de noix, sans doute parce que les chercheurs leur en donnaient en cadeau.

De toute évidence, il est plus facile d'adopter des aliments bons pour la santé, et de les préférer à d'autres moins désirables, quand on les a sous la main.