Bien sûr que c’est déchirant et délicat, mais rouvrir les écoles comme prévu lundi prochain est la chose à faire.

Publié le 14 janvier

C’est déchirant et délicat par-dessus tout parce que ça peut sembler aller à l’encontre de la stratégie mise de l’avant depuis le début de cette crise : réduire les contacts.

C’est déchirant et délicat, aussi, parce que les conditions dans le réseau scolaire sont loin d’être idéales.

Mais il s’agissait de faire un arbitrage entre différents objectifs, en gardant en tête qu’on ne doit pas uniquement chercher à empêcher nos enfants d’être infectés par un virus face auquel ce sont eux qui résistent le mieux.

Pendant que leurs parents continuent de limiter leurs contacts pour freiner la propagation du virus, les enfants doivent reprendre le chemin de l’école parce qu’ils ont le droit d’être scolarisés, de poursuivre leur apprentissage et leur développement et de réintégrer cette vie sociale dont ils ont été trop longtemps privés depuis le début de la pandémie.

Ils doivent reprendre le chemin de l’école parce qu’on a constaté avec désarroi la détresse qui s’empare d’un grand nombre d’entre eux quand on met leur vie normale sur pause trop longtemps.

Il y en va de leur santé.

De leur bien-être.

Ils doivent reprendre le chemin de l’école, aussi, parce que c’est là l’une des composantes essentielles d’un changement de stratégie, selon lequel on doit graduellement apprendre à vivre avec ce virus.

Les écoles rouvrent presque partout ailleurs en Amérique du Nord, d’ailleurs.

« Il faut gérer la maladie différemment », déclarait cette semaine le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Vincent Oliva, à notre journaliste Ariane Lacoursière.

Il a raison. Et ça ne vaut pas que pour le système de santé, mais pour nos écoles aussi.

Le variant dominant ayant changé – il est plus contagieux, mais moins virulent – et les vaccins ayant depuis longtemps prouvé leur efficacité, ce n’est plus la même pandémie.

Le monstre est affaibli et nos boucliers sont plus robustes.

Rouvrir les écoles primaires et secondaires le 17 janvier est donc un choix logique.

On ne va cependant pas pécher, ici, par excès de naïveté.

Disons-le : ça ne va pas être facile.

Et ça ne veut pas dire qu’il ne faudra pas suivre de très, très près la transmission chez les jeunes et celle qui, dans la communauté, y sera liée.

On rapportait récemment que la contagion dans les écoles spécialisées, où on donne déjà des cours, est préoccupante.

Enfin, ça ne veut pas dire non plus qu’on n’aurait pas souhaité que le gouvernement Legault se démène davantage pour s’assurer que cette rentrée se déroule le mieux possible dans les circonstances.

Des efforts supplémentaires auraient pu être fournis au cours des derniers mois, mais aussi des derniers jours.

On ne peut pas affirmer, par exemple, qu’on a pris de front le problème de la ventilation dans les écoles. On a fait certains progrès depuis le début de la pandémie, c’est vrai, mais len-te-ment et pé-ni-ble-ment.

On pense aussi à la vaccination : n’aurait-on pas pu orchestrer des campagnes ciblées visant certaines régions où les jeunes sont encore trop peu vaccinés ?

Et redoubler d’efforts, par ailleurs, pour fournir des tests rapides à tous les élèves du primaire et du secondaire. Oui, il y en aura… mais pas dès la rentrée.

Enfin, on pense aussi aux masques N95, qui vont être distribués aux écoles et aux classes spécialisées. Même si leur efficacité en contexte scolaire fait encore débat, on aurait aussi pu en offrir à tous les enseignants qui en réclament.

Le sentiment d’insécurité, évoqué par les syndicats, ne doit pas être pris à la légère.

Toutes ces doléances exprimées par divers acteurs du réseau sont importantes et valables.

Ces problèmes, il demeure urgent d’y remédier.

Il ne faudrait toutefois pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

On peut déplorer les ratés en matière de gestion de crise et continuer d’exiger davantage d’outils pour les enseignants, le personnel et les directions d’école sans toutefois compromettre de plus belle le bien-être de nos enfants.

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