L’an dernier, on nous avait dit : il faudra « apprendre à vivre avec la COVID-19 ».

Publié le 5 janvier

Soit.

La majorité des Québécois s’est fait une raison, s’équipant de masques médicaux, de gel désinfectant et adoptant les nouvelles règles de bienséance : distanciation physique et lavage des mains frénétique. Les Québécois se sont adaptés psychologiquement aussi, adhérant aux politiques du gouvernement, montrant une bonne volonté en réduisant leurs contacts. On était « tous dans le même bateau » et on voulait tous ramer dans la bonne direction. Et on voulait surtout épargner le personnel soignant débordé dans les hôpitaux.

Mais, presque deux ans plus tard, force est de constater que nous n’avons pas encore appris à vivre avec le virus. La vérité, c’est qu’il évolue plus vite que nous.

Vingt-deux mois plus tard, nous devrions être en mesure d’utiliser des tests rapides régulièrement pour vaquer à nos activités de base : aller travailler, aller à l’école, visiter nos proches. Or, ces tests sont aussi rares que deux billets pour la première du spectacle de Charlotte Cardin. À moins d’avoir des enfants à l’école primaire ou un ami pharmacien. Difficile d’accepter qu’ils soient introuvables alors qu’on peut en acheter facilement aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Europe.

Le cabinet du ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a annoncé mardi qu’il en livrerait des millions au cours du mois de janvier. D’ici là, aura-t-on amélioré le système de distribution ? C’est d’autant plus important d’en obtenir que les tests de dépistage PCR seront désormais réservés à des groupes précis. Pourquoi ne pas offrir les autotests en vente libre pour ceux qui sont prêts à payer, et réserver les tests gratuits pour les familles et les ménages à faible revenu ?

Presque deux ans plus tard, nous devrions aussi en savoir davantage sur l’utilisation des masques. Le masque en tissu procure-t-il une fausse impression de sécurité ? Si oui, disons-le plus clairement. Face au puissant Omicron, devrait-on porter deux masques ou remplacer notre masque médical par un masque N95 ? Le DGaston de Serres nous assure que le N95 n’est pas nécessaire pour l’instant, la transmission se faisant surtout entre gens infectés à l’heure des repas ou sous le même toit. Dans ce cas, il faudrait au moins s’assurer que tout le personnel de la santé ait accès à ces masques pour limiter la transmission.

Autre source de confusion : oui ou non, une troisième dose de vaccin pour des gens doublement vaccinés ayant été infectés par le variant Delta ou Omicron ? Personne ne s’entend à propos de la protection qu’apporterait une infection. La vérité, c’est qu’il y a encore des études en cours. Mais, pendant ce temps, Ottawa dit une chose et Québec en dit une autre. Les médecins se contredisent dans les médias. Ces gens peuvent-ils s’assoir autour de la même table et accorder leurs violons ?

Comment les citoyens sont-ils censés s’y retrouver quand même des scientifiques ne s’entendent pas ? C’est désolant.

Cette confusion provoque de la frustration et de l’anxiété chez la population. Les gens sont à cran, avec raison. Nos dirigeants sont fatigués, eux aussi, avec raison.

Qu’on nous comprenne bien, il est clair que le gouvernement Legault est face à une situation complexe et difficile à gérer. Et il n’est pas le seul à voir son système de santé exploser : on observe des crises semblables ailleurs dans le monde.

Pour l’instant, les deux outils qui permettraient de faire baisser la tension d’un cran sont l’information et la transparence. Il faut informer la population sur une base régulière si on ne veut pas qu’elle se tourne vers les réseaux sociaux pour trouver réponse à ses questions. Et il faut justifier chaque décision si on ne souhaite pas que l’adhésion de la population disparaisse aussi vite qu’une boîte de tests rapides sur une tablette de pharmacie.

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