Est-ce la fin du voyage annuel dans le Sud, des gros hamburgers viandeux et des quartiers de banlieue à deux VUS par entrée de maison ?

Le défi titanesque du climat est principalement entre les mains des gouvernements. Seul, le citoyen est démuni. Ses frêles épaules ne peuvent pas, ne doivent pas, supporter toute la pression.

Il a néanmoins son rôle à jouer. Dès aujourd’hui. Il ne s’agit pas de culpabiliser qui que ce soit. « Les gens ne savent pas par où prendre le problème », résume Émile Boisseau-Bouvier, analyste en politiques climatiques chez Équiterre.

Votre vote

C’est avec votre vote que vous avez la plus grande influence. Si l’environnement devient la priorité de l’électorat, les partis politiques s’ajusteront vite en conséquence et proposeront des solutions plus musclées pour s’attaquer au défi climatique. Mauvaise nouvelle : selon la firme Léger, les changements climatiques (12 %) arrivent au quatrième rang des enjeux électoraux en vue d’un scrutin fédéral, loin derrière l’économie (48 %) et le système de santé (19 %).

Votre mode de transport

Le transport des personnes – seul grand secteur où les émissions ont augmenté depuis 1990 – représente 22 % des émissions de CO2 au Québec. Traduction : votre char est responsable du quart du problème. C’est là où votre impact direct peut être le plus grand. Sauf qu’on ne se débarrasse pas de son auto aussi facilement à Gaspé qu’à Montréal. En attendant des investissements massifs des gouvernements, les Québécois peuvent utiliser leur auto moins souvent, se limiter à une auto par ménage – si possible un modèle peu énergivore ou une auto électrique. Dans les centres urbains comme Montréal, la solution passe par les transports en commun, le vélo, davantage de télétravail, l’autopartage.

Votre portefeuille

L’adéquation n’est pas parfaite, mais plus vous consommez des produits locaux, plus leur empreinte carbone risque d’être faible. On ne parle pas de décroissance, seulement de consommer mieux et de réutiliser.

Votre assiette

Réduire sa consommation de viande et de produits laitiers est bon pour le climat parce que les pets de méthane des vaches ont un grand effet sur le réchauffement. D’autres options : jardiner, faire attention au gaspillage. L’agriculture est responsable de 10 % des émissions de CO2 au Québec.

Vos voyages

Est-ce la fin de votre voyage annuel dans le Sud ? À moyen terme, il faudra se pencher sur la fréquence des voyages en avion, qui représentent environ 3 % des émissions mondiales de CO2. À l’heure du télétravail, les voyages d’affaires sont-ils tous nécessaires ? Au Royaume-Uni, les Verts proposent depuis plusieurs années l’idée de taxer très lourdement tout voyage en avion – à l’exception d’un voyage par année par personne. Le train devrait remplacer l’avion pour les distances relativement courtes (ex. : Montréal-Toronto).

Vos crédits carbone

Chaque année, vous pouvez annuler votre empreinte carbone en finançant des projets environnementaux (ex. : planter des arbres). Bémol : ces projets prendront souvent des années avant de faire effet, alors que votre empreinte carbone est immédiate.

Depuis 1990, le Québec a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de seulement 6 %. L’objectif est d’atteindre la carboneutralité en 2050.

C’est illusoire de penser qu’on y parviendra sans rien changer à notre mode de vie. Notre défi est d’opérer ces changements de façon juste et acceptable socialement. Sans trop toucher à notre qualité de vie.