« Tout ceci est incroyable ! »

C’est ce que Cole Caufield avait dit après la victoire décisive du Canadien contre les Golden Knights de Vegas, à Montréal, le soir de la fête nationale du Québec.

Quatre petits mots, prononcés par la plus jeune des nouvelles vedettes de l’équipe. Un joueur charismatique dont le visage a souvent été éclairé par un sourire contagieux lors des séries.

Quatre mots qu’on recopie ici malgré la défaite de mercredi contre Tampa parce qu’ils résument tellement bien ce qui s’est passé au cours des dernières semaines.

Ce que le Canadien a accompli et ce que, par procuration, des millions de Québécois ont vécu.

On aurait souhaité un défilé de la Coupe Stanley dans les rues de Montréal, c’est bien certain.

Mais l’important, ce n’est pas toujours la destination, c’est aussi le voyage.

Ça s’est confirmé une fois de plus avec ces séries.

Il a été mémorable, ce voyage improbable.

Non seulement parce que le Canadien a joué du hockey excitant comme il n’en avait pas joué depuis longtemps, mais aussi parce qu’il s’est battu avec l’énergie du désespoir.

Et celle-ci était indissociable de nos propres espoirs.

Cela dit, il ne fut pas uniquement question de sport au cours des dernières semaines.

Lorsque le Canadien se rend si loin, pendant les séries, c’est quelque chose comme le destin d’un peuple qui est en jeu. Pas seulement celui d’un groupe de jeunes sportifs surpayés.

C’est le mystérieux pouvoir du sport.

Qui provoque rencontres, conversations, célébrations.

Qui galvanise les foules.

Qui nous fait croire aux fantômes (du Centre Bell) et prier pour des miracles même si on ne croit pas en Dieu.

Douce revanche que celle d’avoir été atteint d’une fièvre — celle des séries — qui n’avait rien à voir avec la pandémie.

On se mobilisait enfin pour autre chose que la lutte contre ce sale virus.

Juste pour ça, merci, les gars !

Au bout du compte, une formidable machine de hockey est venue à bout de la détermination du Canadien.

Mais la victoire de Tampa n’efface pas ce que nous avons vécu.

Et elle ne fait surtout pas disparaître nos espoirs quant aux surprises que pourrait nous réserver le Canadien à l’avenir.