Encore des sacrifices ! François Legault confirmera cet après-midi le prolongement du couvre-feu. Justin Trudeau a serré la vis des voyageurs la semaine dernière.

Stéphanie Grammond Stéphanie Grammond
La Presse

Malgré la lassitude, la population reste mobilisée, ce qui est rassurant quand on voit les violentes émeutes aux Pays-Bas et en Belgique.

Ici, les citoyens remplissent leur part du contrat moral. Au tour maintenant des dirigeants de remplir leurs engagements. À eux de redoubler d’efforts pour vaincre la pandémie. Cela commence par vacciner la population au plus vite.

Pour l’instant, l’opération démarre au ralenti. Seulement 2,5 % de la population canadienne a reçu une dose, ce qui reste bien loin du Royaume-Uni (14 %) et des États-Unis (9,4 %).

Et le Canada doit maintenant composer avec des retards de livraison qui mettent Justin Trudeau dans l’embarras. Celui-ci devrait annoncer sous peu une entente avec la société pharmaceutique américaine Novavax pour produire son futur vaccin à Montréal. Mais, d’ici là, le Canada reste à la merci de l’Europe, où sont produits les deux seuls vaccins approuvés par Santé Canada. Ottawa se retrouve donc dans un bras de fer inégal avec l’Europe, qui est aussi à court de doses.

Au moins, le Québec peut se targuer d’être la deuxième province la plus efficace dans l’administration des vaccins reçus d’Ottawa. Mais cela n’empêche pas la province d’être le cancre de la COVID-19.

Le Québec est la province où l’on compte le plus de cas par million d’habitants. C’est vrai aujourd’hui, comme depuis le début de la pandémie. Le nombre de cas (par million) au Québec est plus élevé qu’en Colombie-Britannique (+ 136 %), qu’en Ontario (+ 65 %) et même qu’en l’Alberta (+ 9 %), qui a pourtant connu une explosion à la fin de 2020.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

« Ici, les citoyens remplissent leur part du contrat moral. Au tour maintenant des dirigeants de remplir leurs engagements. À eux de redoubler d’efforts pour vaincre la pandémie. Cela commence par vacciner la population au plus vite », écrit Stéphanie Grammond.

Si on veut faire mieux, il faut améliorer le système de dépistage et de traçage.

Une enquête de l’Institut national de santé publique du Québec nous apprenait la semaine dernière que 41 % des Québécois qui ont eu des symptômes de la COVID-19 n’ont pas été passer de test.

Pour remédier à cette dangereuse situation, Québec doit être proactif et se rapprocher des gens.

En menant de façon régulière et systématique des tests rapides dans le milieu hospitalier, les écoles ou encore le secteur manufacturier, on pourrait repérer efficacement les personnes infectées, durant la période où elles sont le plus contagieuses, même si elles n’ont pas de symptômes.

L’expérience de la Nouvelle-Écosse, qui a formé des bénévoles en moins d’une heure pour faire passer des tests rapides dans des cliniques mobiles, pourrait être une source d’inspiration pour le Québec, où le manque de personnel est l’un des freins au déploiement des tests rapides.

Le gouvernement, qui n’a utilisé que 13 000 des 2,6 millions de tests envoyés par Ottawa, explique que sa réticence repose sur l’avis de la Santé publique, qui se fonde sur la science. Pourtant, l’Ontario va de l’avant. La science est-elle si différente de l’autre côté de la rivière Outaouais ?

Parlant de frontière, avec le variant britannique (B.1.1.7) qui se répand en Ontario, il faudrait se poser la question si on veut laisser nos voisins, dont les stations de ski sont fermées, venir passer la semaine de relâche au Québec.

Mais revenons chez nous.

Le traçage des cas doit aussi passer à la vitesse supérieure. Quand une personne reçoit un test positif, les enquêteurs de la Santé publique se lancent dans une course contre la montre pour avertir toutes les personnes avec qui elle a été en contact.

Malheureusement, près du tiers des personnes contaminées ne leur fournissent pas l’information par crainte de se faire coller une contravention parce qu’elles n’ont pas respecté les règles.

Dans certaines régions, à cause du manque de ressources, la Santé publique a demandé aux personnes malades d’avertir elles-mêmes les personnes qu’elles ont côtoyées. Ce n’est pas sérieux.

Aux dirigeants de jouer. La balle est dans leur camp.