Le sort de l’élection présidentielle américaine demeure incertain, mais une chose est sûre, si on pouvait voter de ce côté-ci de la frontière, Donald Trump en mangerait toute une.

Alexandre Sirois Alexandre Sirois
La Presse

Selon un récent sondage 338 Canada/Léger, publié par Maclean’s, 72 % des Canadiens voteraient pour Joe Biden s’ils pouvaient participer au scrutin.

Trump ? Il récolterait l’appui d’uniquement 14 % des Canadiens.

On ne fera pas semblant d’être surpris par de tels résultats.

PHOTO EVAN VUCCI, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Donald Trump et Justin Trudeau en décembre 2019, lors d’une rencontre des pays membres de l’OTAN à Watford, en Angleterre

Donald Trump, disons-le, est une épine dans le pied du Canada.

Parmi les pays qui ont été secoués et meurtris par le président républicain, le Canada se retrouve dans le peloton de tête.

La Corée du Nord et l’Arabie saoudite ont été mieux traitées que le Canada par l’administration américaine au cours des quatre dernières années !

C’est une aberration qui n’a même pas été envisagée sous George W. Bush, alors qu’il était pourtant profondément irrité par la position du gouvernement canadien sur la guerre en Irak. Il avait, lui, une vraie raison d’être en colère !

La fin de la carrière politique de Donald Trump se traduirait, à coup sûr, par le réchauffement de la relation entre nos deux pays.

On a d’ailleurs déjà pu constater que Joe Biden a des atomes crochus avec le Canada et avec Justin Trudeau.

« Les Américains voient [le Canada] comme une famille – pas seulement des alliés, pas seulement des amis, pas seulement notre plus grand partenaire commercial, mais nos valeurs sont les mêmes », avait-il déclaré en décembre 2016, en visite à Ottawa.

Alors vice-président des États-Unis, Joe Biden avait lancé des fleurs à Justin Trudeau, parlé de son père comme d’un homme « bien et honorable » et précisé que ce dernier l’avait contacté dans les années 70 après la mort de sa femme et de sa fille.

Cette affinité ne peut pas nuire.

Le contraste est saisissant avec l’actuel président américain. Il a pris plaisir à diaboliser le Canada et a été à la source d’attaques vicieuses contre Justin Trudeau.

Sur le plan strictement politique, il est évident que la situation serait plus reposante. Le remplacement de Donald Trump par Joe Biden nous permettrait de rêver à un véritable partenariat et injecterait une bonne dose de respect et de prévisibilité dans nos relations bilatérales.

On n’a jamais su à quoi s’attendre du président républicain ni comment lui faire comprendre que nous étions ses alliés.

Et comme sa politique étrangère et ses idées en matière de commerce allaient souvent à l’encontre des intérêts du Canada, les quatre dernières années ont été éprouvantes.

De la renégociation de l’entente sur le libre-échange au rejet du multilatéralisme (retrait de l’accord de Paris sur le climat, mépris à l’égard de l’OTAN… la liste est longue !) en passant par les tarifs sur les exportations canadiennes d’acier et d’aluminium, l’administration américaine a transformé notre relation avec les États-Unis en course à obstacles.

Avertissement : tous les problèmes avec notre voisin ne se régleront pas comme par enchantement si Joe Biden triomphe. Certaines tendances semblent lourdes. Le protectionnisme, par exemple, n’est pas un effet de mode ; la pandémie a accéléré la démondialisation. Et dans certains dossiers, on peut prévoir d’importants litiges, comme celui du pipeline Keystone XL auquel s’oppose le candidat démocrate.

N’empêche, que Joe Biden soit un meilleur choix pour le Canada ne fait pas de doute.

La réélection de Donald Trump offrirait de sombres perspectives ; d’autant plus qu’il n’aurait plus de comptes à rendre, puisqu’il ne pourrait pas se représenter.

Chers voisins, jouer dans votre émission de téléréalité pendant quatre ans a été pénible. Nous forcer à participer à une deuxième saison serait brutal et excessif !