Le comité d’enquête sur la réponse de l’Organisation mondiale de la santé à la pandémie de COVID-19 rassemble 11 sommités mondiales. Dont l’ex-directeur du Fonds de lutte contre le sida Mark Dybul. Le spécialiste du sida Michel Kazatchkine. Et… la pédiatre québécoise Joanne Liu.

Agnès Gruda Agnès Gruda
La Presse

La présence de l’ex-présidente de Médecins sans frontière (MSF) parmi ces experts est doublement significative.

Lorsqu’elle dirigeait MSF, elle avait fustigé l’OMS pour sa réaction tardive face à l’épidémie d’Ebola. En faisant appel à une voix aussi critique, l’organisation montre que l’enquête pourra vraiment aller au fond des choses.

Mais c’est aussi un signe du haut niveau d’expertise de cette humanitaire dont les services avaient été cavalièrement rejetés par Québec.

C’est au printemps, alors que le coronavirus faisait des ravages dans un Québec confiné, que la docteure Liu avait proposé d’aider la cellule anti-COVID-19 créée par Québec.

Elle s’était fait répondre que son expérience avait peut-être de la valeur en Afrique, mais pas au Québec. Vraiment ?

Lors d’un entretien, en mai, la Dre Liu nous avait signalé que le Québec devait s’assurer, en priorité, de maintenir son offre de soins médicaux autres que ceux qu’exige la COVID-19. Quand on voit les listes d’attente pour les chirurgies s’allonger à l’infini, on se dit que Québec aurait eu intérêt à l’écouter… Et ce n’est qu’un exemple.

Il est incompréhensible que le Québec se soit privé de ses services lors de la première vague. Il peut encore se rattraper pour la deuxième.