Les lecteurs ont été nombreux (plus d’une centaine) à commenter l’éditorial de Stéphanie Grammond* publié mercredi sur la rémunération des médecins. Voici un aperçu des courriels reçus.

Publié le 5 mai

Erreur historique

Je suis d’accord avec vous sur la rémunération des médecins, mais j’irai plus loin. Fondamentalement, les médecins rendent des services publics payés par l’État. Tout comme les juges, les ingénieurs au ministère des Transports, les infirmières à l’hôpital ou tout autre professionnel qui rend des services publics fournis par l’État, les médecins devraient être à salaire. C’est une erreur historique d’avoir permis aux médecins de se considérer comme des entrepreneurs.

François Legault

Attente sans fin

Quoi qu’il arrive, ce sera toujours le même problème. J’ai 79 ans et j’attends depuis plusieurs années un médecin. Je crois que je devrai attendre jusqu’à la fin de mes jours.

Jacqueline White

Prenez soin de moi

Depuis quelques années, au mois de janvier, les publicités télévisées de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec nous reviennent, avec le slogan « On prend soin de vous ! ». J’aimerais bien pouvoir un jour faire partie de ces « vous ». Malheureusement, je crois que jamais je ne ferai partie de ce club sélect. Toutes les solutions proposées, si elles étaient mises en place, aideraient notre système de santé qui est malade. Le paiement à l’acte ne peut plus être envisagé et doit nécessairement être remplacé. Pour résoudre le problème, pourquoi ne pas ajouter dans l’équation « le gros bon sens ».

Pierre Desforges

L’accès aux spécialistes

À la liste de suggestions, j’en ajouterais quelques autres, dont un accès plus simple ou plus direct aux médecins spécialistes. Actuellement, quand un médecin généraliste fait une requête pour un examen spécialisé allant du plus simple au plus complexe, le suivi ne peut être assuré directement par le médecin spécialiste concerné. Le résultat doit être acheminé au médecin requérant, qui doit faire une nouvelle requête soit auprès du médecin spécialiste qui décidera de la suite, soit auprès de l’hôpital pour un nouveau test. Ce va-et-vient rémunéré chaque fois à l’acte allonge les délais, surcharge le système et génère des coûts inutiles. Cela sans compter les dommages collatéraux causés tant aux patients qu’aux aidants naturels.

Monique Régnier

Pour une échelle de salaire

Les médecins devraient être salariés, payés selon une échelle de salaire selon la spécialité et l’expérience. De plus, leur travail devrait être évalué sur la qualité de leur service, et bonifié pour les meilleurs. Arrêtons de considérer chaque médecin comme une entreprise distincte et on fera des économies substantielles.

Jacques Bournival

Faible risque

Ça ne changera pas grand-chose, il n’y a pas d’infirmières de trop car il y a un besoin criant de personnel dans les hôpitaux. Nos médecins se rabattrons donc sur le fait qu’il n’y a pas d’infirmières pour expliquer qu’ils puissent voir leurs patients. Au bout du compte, la liste continuera de s’allonger. Les médecins ne prennent pas un gros risque à dire oui à l’entente.

Daniel Girard

Temps perdu

En étant payés à l’acte, les médecins doivent perdre beaucoup de temps à remplir des formulaires pour identifier ces « actes », avec tous les codes… Toutes les autres personnes qui travaillent dans le domaine de la santé sont à salaire, pourquoi pas les médecins ?

Ginette Leblanc

Et la prévention ?

J’ai 74 ans et je suis en assez bonne santé. Mon médecin de famille refuse maintenant que j’aie un examen annuel. Il me semble qu’à mon âge, un test sanguin annuel suivi d’un examen n’est pas exagéré, c’est de la prévention. Prévention : un mot que je n’entends pas souvent chez nos gestionnaires de la santé.

Michèle Paquin, Bromont

Services non rendus

Qu’attendez-vous pour faire un recours collectif contre le gouvernement ? J’ai 68 ans et 40 % de mes impôts vont au système de santé chaque année alors que je suis dans l’impossibilité d’avoir un médecin de famille depuis trois ans. Aucun service. C’est simple, je veux un remboursement pour services non rendus. Remboursez-moi cet argent et je serai en mesure de me payer un médecin de famille au privé, et ce, rapidement. On a besoin d’agir dès maintenant. Ça suffit !

Pierre Chartrand

Qui en tire parti ?

Très bonnes idées. Reste à savoir pourquoi des choses aussi simples ne sont jamais mises en place. Je suis certain qu’il y a plein d’autres solutions qui seraient applicables. La question est : qui tire parti d’une telle complexité ?

Pierre Braze, Eastman

Optimiser son revenu

Bien d’accord avec cette approche, qui sera malheureusement décriée par un trop grand nombre de médecins, qui abusent des rendez-vous inutiles ou limitent la consultation à un seul sujet ou optimisent leurs revenus en exploitant sans vergogne le manuel de facturation, etc.

Claude Ménard, Laval

Rêvons en couleurs

Le ministre Christian Dubé rêve en couleurs. Rien ne changera concernant les services médicaux offerts à la population tant qu’on ne travaillera pas à modifier la mentalité des nouvelles générations de médecins. Pour qu’un changement survienne, les intérêts personnels devront passer au second plan et le souci du bien commun devra être devenu une seconde nature pour ces nouveaux médecins. C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire puisqu’il s’agit, au fond, de favoriser l’émergence d’une nouvelle mentalité dans l’ensemble de la population. Les autres d’abord, moi ensuite. Et ce, sans obligation et avec plaisir ! Oui, je sais, moi aussi je rêve en couleurs…

Yves Brissette

Flushé par le système

J’ai 74 ans et le système m’a flushé il y a deux ans. Depuis, je remplis de petites cases sur l’internet en attendant. Revenu Québec me charge des intérêts usuriers lorsque je suis en retard dans mes responsabilités de citoyen… alors que je continue de payer le gros prix pour un service qui ne me reconnaît même pas.

Michel Roy, Québec

*Lisez « Payons les médecins autrement »