La chronique de Michel C. Auger* publiée le 13 février dans la section Contexte a suscité de nombreuses réactions de nos lecteurs. Voici un aperçu des courriels reçus.

Publié le 15 février

Quelle fumisterie !

Mon cher Michel, vous avez complètement raison. La CDPQ n’avait aucune expérience dans le transport mais parce que c’est la Caisse, les gouvernements ferment les yeux. Quelle ignorance ! Donc dépassement de coûts et non-respect des délais. Quelle fumisterie de milliards !

Monique Jérôme-Forget

Nette amélioration

Il est faux de prétendre que le REM cannibalise la ligne de Deux-Montagnes et qu’on ne fait que remplacer un train par un autre. Le train de banlieue avait une fréquence anémique due à la circulation à sens unique sur plusieurs tronçons de la ligne. À l’heure de pointe, nous étions toujours debout, tassés comme des sardines. Le REM aura une fréquence quatre fois plus élevée à l’heure de pointe. Oui, des trains plus petits, mais en raison de la fréquence accrue, une plus grande capacité, mieux distribuée dans le temps. Des passages toutes les 5 minutes en pointe et toutes les 15 minutes le reste de la journée, sept jours sur sept, c’est une amélioration énorme, sans parler du nombre accru de destinations accessibles.

Robert Dufresne, ancien usager du train de banlieue

Voir la réalité en face

M. Auger a entièrement raison. Combien d’autres rapports, analyses, chroniques journalistiques faudra-t-il pour que le gouvernement Legault et sa ministre déléguée aux Transports acceptent de voir la réalité en face ? Le REM n’est pas au service des Montréalais. Il est au service de la CDPQ.

Jean-Pierre Beaulieu

Pourquoi dénigrer le troisième lien ?

Avec vos propos sur le cannibale de Montréal, on se demande pourquoi vous dénigrez le troisième lien à Québec. Entre Montréal et Québec, on est vraiment loin du compte en matière de transport collectif. À Québec, le seul transporteur qui va être cannibalisé est le traversier Québec-Lévis.

André Brunelle

Rappeler la Caisse à l’ordre

Faire des plans sans consultations réelles et sans trop tenir compte des réseaux de transport déjà existants dénote une attitude inconciliable avec la définition d’un service public. La Caisse de dépôt doit être rappelée à l’ordre et elle doit accepter de partager la planification de ses projets de transports en commun. Point final. Autrement, ses projets ne se concrétiserons pas.

Pierre Châtelain

Gâchis

Le cannibale a aussi bouffé la station Chevrier à Brossard. Cette station où chaque jour, depuis de nombreuses années, des milliers de résidants prenaient l’autobus express vers le centre-ville de Montréal (un trajet de 10 minutes). Des centaines de ces résidants avaient acheté leur maison à proximité de la station Chevrier pour éviter d’utiliser leur voiture pour travailler au centre-ville de Montréal. Cette station sera fermée bientôt et ces milliers de travailleurs devront utiliser leur voiture s’ils veulent se rendre au nouveau stationnement du REM situé 2 km plus au sud (au sud de la 30), donc plus éloigné du centre-ville de Montréal. Plusieurs de ces travailleurs décideront de se rendre au centre-ville de Montréal en voiture. Quel gâchis.

John Burke

La vitesse du REM

La plus grande qualité du REM, c’est le temps. C’est le facteur qui fait que les gens passent de leur auto aux transports en commun. Combien de temps ça me prend en auto versus les transports en commun ? En passant toutes les 2 minutes et avec sa vitesse de déplacement, il sera plus efficace que tout autre mode de transport. Oui, il va prendre une partie de la clientèle du métro, mais c’est tant mieux car la ligne verte sera saturée bientôt si on ne fait rien. Le tracé de la ligne verte était le meilleur en 1960, il est juste normal qu’il soit celui considéré pour le REM car c’est là où la densité est optimale. Plus de concertation oui, mais de grâce, l’est de Montréal a assez attendu. Une valse-hésitation qui va repousser l’entrée en service d’encore 10 ans, non merci.

Guillaume Goupil

Déshabiller Paul pour habiller Jean

En plus de rembourser l’investissement monstre, y compris le matériel roulant fabriqué ailleurs qu’au Québec, les contribuables devront assumer les frais d’exploitation du nouveau réseau plus un profit de 8 %. Également, rien ne nous garantit que les frais d’exploitation et de maintien seront moins élevés que ceux des organismes de transport existants. Finalement, avec le REM, on va contribuer à l’appauvrissement des réseaux actuels. On déshabille Paul pour habiller Jean, le tout avec l’appui des gouvernements.

Jean Sansfaçon

Un monstre inutile

Excellente chronique. Je suis un résidant de Rivière-des-Prairies, et je ne veux pas de ce monstre inutile, coûteux et non complémentaire avec le réseau actuel qu’est le REM. C’est du gaspillage de fonds.

Normand Drapeau, Montréal

Endetter le Québec

Excellente chronique ! Je suis d’accord qu’il faut d’abord évaluer les autres options de transport avant de donner le feu vert à CDPQ Infra. Premièrement, avec l’expérience du REM de l’Ouest, on sait déjà que le REM de l’Est va certainement coûter plus cher que 10 milliards de dollars. Deuxièmement, je ne peux pas croire qu’on ne peut pas trouver une idée plus intelligente et respectueuse de l’environnement urbain et visuel pour répondre aux besoins de transport dans l’est de Montréal. Avec ce projet et celui tout aussi inutile du troisième lien à Québec, le gouvernement Legault est en train d’enliser le Québec dans une dette dont il aura beaucoup de difficulté à se libérer.

Christian Bouchard

Arrêtons le bulldozer

Bien malin celui qui prédira la finalité que prendra le développement futur des transports en commun dans l’est de Montréal. Tant qu’à moi, le projet du REM de l’Est devrait s’arrêter dès maintenant. À mon humble avis, CDPQ Infra, avec son approche bulldozer faisant fi des autres acteurs du milieu et avec le gouvernement Legault qui lui donne sa bénédiction sans réflexion sur le long terme (défaut bien compréhensible avec une odeur d’élections automnales), il est temps de retirer les pouvoirs accordés à CDPQ Infra.

Demander de la transparence à CDPQ Infra, c’est comme demander de la tempérance à un alcoolique. Si le passé est garant de l’avenir, les décisions de CDPQ Infra continueront de se prendre derrière des portes closes avec, comme vous le dites si bien, un seul objectif : le profit pour elle-même au détriment des usagers.

Et la mairesse Valérie Plante a dû être bien surprise la semaine dernière en apprenant qu’elle détenait un pouvoir de vie ou de mort sur le REM de l’Est. Espérons qu’elle en fera un bon usage.

Daniel Després

*Lisez « Se débarrasser du cannibale »