L’éditorial d’Alexandre Sirois « Du calme, docteurs ! »* a suscité plus de 200 commentaires. Voici un échantillon des points de vue.

Publié le 8 février

Je paie mes impôts, j’ai droit à un médecin

Je suis tout à fait en accord avec ce nouveau projet de loi. J’aurai 65 ans bientôt et je suis inquiète et fatiguée de me battre pour obtenir un médecin de famille. Pourtant, je paie mes impôts comme tout le monde et je ne devrais pas être pénalisée. Merci de débattre de ce sujet pour nous. Votre article est pertinent.

Lucie Bellefeuille

Attendre 748 jours

Chers omnipraticiens du Québec, merci pour tout ce que vous faites ! Mais moi qui paie mes impôts comme tout le monde, vous ne faites rien pour moi pour le moment, car je n’ai plus de médecin de famille ! C’est injuste ! Le logiciel me dit que j’en aurai un dans 748 jours !

Martine Huot, Québec

Rappelez la semaine prochaine…

Et que dire des dizaines, voire des centaines de milliers de patients qui ont un médecin de famille et qui peinent à obtenir un rendez-vous ? « Rappelez la semaine prochaine », leur dit-on, semaine après semaine.

Jocelyna Brault, Gatineau

Savoir où va l’argent

Vous présentez un excellent texte et une bonne analyse. Ce projet de loi doit être mis en place pour la population. Avec un salaire autour de 300 000 à 400 000 $ par année par omnipraticien, le Ministère doit d’abord mieux savoir comment l’argent est utilisé et ensuite comment offrir un meilleur service à la population. La première ligne est l’endroit parfait pour des gains substantiels et rapides dans l’amélioration de notre système de santé.

Michel Carrier

Des décisions plus éclairées

N’oublions pas que c’est l’article 6, qui permet au Ministère d’avoir accès à des données dénormalisées, qui est au cœur des problèmes. Les médecins nous disent que les patients vont être à risque, ce qui est faux. L’analyse des données va permettre de prendre des décisions éclairées et de pouvoir améliorer la distribution des soins.

Claude Marcil

Les médecins doivent redonner

Je suis médecin à la retraite et je suis entièrement d’accord avec vous. Il ne faut jamais oublier que dans la plupart des cas, ce sont les impôts des contribuables qui ont payé la formation des médecins au Québec et c’est la moindre des choses de redonner à cette même société.

Georges Picard

Des fonctionnaires de l’État

Les médecins ne veulent pas admettre qu’ils sont des fonctionnaires, employés de l’État, et à l’inverse le gouvernement ne prend pas son rôle d’employeur au sérieux. Il est grand temps que le gouvernement agisse en employeur.

Réjean Durocher, Montréal

Résistance contre les infirmières

Nous sommes d’accord avec la position du ministre de la Santé. Durant plus de 15 ans, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec a été la championne de la résistante à l’implantation du rôle des infirmières praticiennes en première ligne, dont l’efficacité pour augmenter l’accessibilité aux soins a largement été démontrée. Encore aujourd’hui, cette résistance est subtilement présente. Dans de nombreux groupes de médecine familiale, les compétences des infirmières cliniciennes ne sont pas pleinement utilisées, car elles sont souvent limitées dans des fonctions administratives. Il devient urgent de revoir la rémunération des médecins et les incitatifs pour faciliter leur travail en interdisciplinarité.

Nicole Ricard, infirmière retraitée

Résistance au changement

Notre système de santé est un monstre qui a grandement besoin d’évoluer et de trouver de nouvelles façons de donner des services adéquats à une population toujours plus exigeante. Malheureusement, comme nous le démontre la position des omnipraticiens, le changement requis est miné par la défense des intérêts des groupes au détriment du bien-être commun. La résistance au changement et l’individualisme combinés à la politisation du système vont empêcher toute réforme significative.

Julien Houle

Des publicités ridicules

Pourquoi la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec sent-elle le besoin de dépenser des sommes considérables en publicités télévisées pour nous dire « On prend soin de vous » quand 900 000 Québécois sont dépourvus d’un médecin de famille ? C’est ridicule. Je serais gêné à leur place. À 78 ans, je fais partie de ces orphelins qui sont en attente d’un médecin depuis deux ans au moment où j’en aurais le plus besoin. Je me sens délaissé par une organisation qui ose prétendre prendre soin de moi.

Yves Tremblay, Repentigny

Confiance en Dubé

Je fais confiance au ministre Dubé pour enfin changer significativement et de façon positive la donne de notre système de santé. Pour ce faire, l’accès rapide à des soins via des professionnels de première ligne ayant l’expertise requise est fondamental. M. Dubé fait preuve de beaucoup d’écoute et semble peu enclin aux jeux politiques qui trop souvent minent les tentatives d’amélioration que requiert notre société. Il fait preuve d’empathie et d’humilité, travaille en équipe, cherche à comprendre, et son passé de gestionnaire aguerri lui sert bien dans sa quête de mesures de la performance et de l’efficacité. Il est authentique, calme, persévérant et ses objectifs concernant l’amélioration du système de santé sont louables. Mais les obstacles à surmonter seront nombreux comme l’a démontré la réaction exagérée de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. D’autres réactions similaires sont à prévoir émanant d’autres ordres professionnels et syndicats. Le statu quo est impensable, n’en déplaise à tous les détracteurs que M. Dubé croisera dans sa quête d’amélioration. J’ai confiance en lui, car il a toutes les qualités requises pour réussir la transformation de notre système de santé et le faire entrer dans l’ère de l’efficience et de la modernité numérique. La route sera longue et ardue, mais si tous les intervenants mettent l’objectif suprême d’un système de santé performant au-dessus de leurs besoins de gains individuels (plus d’argent, plus de congés, plus d’allégements dans leurs tâches), j’ai confiance que notre système de santé pourra passer de risée à modèle visé, car nous avons les moyens, la compétence et l’intelligence pour y arriver. La pandémie a révélé de façon brutale à quel point notre système de santé est fragile et trop peu performant pour ce qu’il en coûte ; il faut que ça change !

Réal Bilodeau

Les maudits médecins

On est en mode électoral. Blâmer les maudits docteurs paresseux, c’est payant aux urnes.

Michel Breton, M. D.

*Lisez « Du calme, docteurs ! »