L’éditorial de Stéphanie Grammond sur l’idée d’offrir « une subvention à coût nul » pour le retour du baseball à Montréal n’a pas manqué de faire réagir nos lecteurs, quasi unanimes. Voici un aperçu des courriels reçus.

Publié le 10 déc. 2021
Lisez « Une subvention à coût nul : vous voulez rire ? »

Que les milliardaires se débrouillent

Je suis tout à fait d’accord avec vous : utilisons l’argent des contribuables dans les secteurs de la santé et des infrastructures. C’est aux milliardaires de se débrouiller. S’ils sont si convaincus que ce retour du baseball à Montréal sera rentable, c’est à eux d’investir et non à nous de payer.

Philippe Leblanc, Verdun

Électoralisme

En ce moment, le gouvernement Legault fait largement dans l’électoralisme (troisième lien, retour des Nordiques et du baseball à mi-temps à Montréal…). De plus, pour se justifier, il sert à la population des arguments « comptables » qui ne tiennent pas la route et c’est carrément honteux. Pendant ce temps, les repas dans certains CHSLD sont immangeables, des urgences sont fermées, des tuiles tombent sur la tête des élèves et le Québec fait piètre figure dans la lutte contre les changements climatiques. Et quel est le projet de société de ce gouvernement au juste ? Le pire dans tout ça : la CAQ mène dans les sondages et par beaucoup.

Martin Lalonde, Rosemère

Oui, mais comme actionnaire

Si notre cher gouvernement met 300 millions dans ce projet, il devrait l’être comme actionnaire, au même titre que les autres hommes et femmes d’affaires. Lorsqu’ils voudront que le gouvernement se retire, ils rachèteront les parts au prix courant et l’ensemble des Québécois en retireront des bénéfices.

Claude Fortin, Abitibi-Témiscamingue

Le baseball ou nos votes

Si le gouvernement donne ou prête un cent aux multimillionnaires du baseball, il n’aura pas mon vote ni ceux des membres de ma famille.

Michelle Bachand

Des retombées à ne pas négliger

J’aurais une petite question pour les ardents défenseurs et gestionnaires amateurs des coffres de l’État : est-ce que la gestion de la santé, de l’éducation et l’entretien des routes se portent mieux depuis le départ des Expos ? Cessez de faire de la politique primaire en utilisant le sport professionnel comme souffre-douleur. Aller demander aux anciens commerçants autour du vieux Forum si le Canadien avait un impact sur leurs revenus. Je suis un amateur de baseball qui n’est pas prêt à jeter l’argent par les fenêtres, mais il faut tout de même être honnête avec ce sujet.

Pierre Latreille

Indécent

Tout à fait d’accord sur le fait que le baseball n’est pas la priorité, et que tout a un coût. Indécent, avec toutes les problématiques sociales actuelles, de même oser penser à utiliser notre argent pour satisfaire les priorités de multimillionnaires qui osent négocier non pas avec des banques, mais à partir de nos impôts ! Merci de le dénoncer.

Marie Dallaire

Le dindon de la farce

Franchement, toute cette histoire m’irrite un maximum. Il faudrait sérieusement arrêter de se comporter en dindon de la farce, notre argent mérite d’être investi dans des choses essentielles, comme la santé et l’éducation. Un simulacre d’équipe de baseball pour laquelle peu de gens développeront un sentiment de fierté, c’est non !

Nathalie Lagueux

En éducation !

Je suis tout à fait en accord avec une subvention à coût nul à condition que cela se fasse en éducation !

Maurice Jean, Morin-Heights

Un stade inutilisé

Nous avons un stade olympique qui est inutilisé depuis des années, en fait depuis l’époque des Expos. Pour aider à rentabiliser un futur club, louons-leur donc ce stade pour 25 ans. Là, ce sera vraiment à coût nul.

Luc Pouliot

Au-dessus de nos moyens

Je suis une personne très peu militante. Mais là, si le gouvernement met un sou de subvention pour la construction d’un stade de baseball, je suis prête à sortir ma pancarte et à aller manifester. Le Québec n’a pas les moyens de se payer cela…

Renée-Claude Tremblay

Un projet loufoque

Je suis un amateur de baseball depuis ma tendre jeunesse. Votre éditorial sur le sujet révèle dans toute sa simplicité comment ce projet est loufoque et déjà enfumé dans le faux argumentaire politique. La CAQ n’a jamais fait partie de ma voie politique, mais je crois qu’elle a admirablement bien administré la dure épreuve épidémique des Québécois. Mais tout porte à croire qu’elle fait patates dans d’autres secteurs de la gouvernance québécoise. M. Legault aime les gros salaires, mais il y a une limite à cette ambition si elle ne vise que quelques individus qui pratiquent les sports de millionnaires. Il faut prioriser nos besoins et Dieu sait comme ils sont nombreux et essentiels pour une grande partie de la population qui souffrent de leurs conditions de vie. J’imaginais déjà accorder mon vote à la CAQ pour la première fois l’an prochain, mais son tunnel à Québec et ce stade de baseball à Montréal placent mes intentions sur la glace. J’en discutais avec des amis et des voisins qui remettent eux aussi en cause leur vote pour la CAQ aux prochaines élections.

Jacque Beaudry

Le hockey à Québec, le baseball à Montréal, et dans les hôpitaux, quel sport faut-il pratiquer pour avoir droit à une opération ?

Francine Bienvenu

Se protéger des risques

Pour calculer la rentabilité d’un investissement, on prend le coût initial, on ajoute les revenus/pertes des années d’exploitation et on ajoute la valeur de l’investissement à la fin (la valeur de revente). Ça donne un chiffre, 15 %, 20 %, 30 %…

Dans le cas d’un stade de baseball, le problème est que la valeur de revente du stade à la fin est zéro ce qui fait baisser le rendement de l’investissement. On peut revendre à profit le club de baseball, mais pas le stade. Personne ne voudra de votre stade de baseball sans équipe même si c’est la huitième merveille du monde. C’est pour ça qu’on cherche toujours quelqu’un d’autre pour financer le stade. Aucun investisseur ne voudra embarquer dans le projet du stade sauf… le gouvernement, et seulement si le bénéfice politique y est. En anglais, il y a l’expression What’s in it for me ? (« qu’est-ce que je peux y gagner ? »).

Dans le cas du gouvernement, ça doit être géré comme un investissement. Donc, ils doivent créer de la valeur à la fin de l’aventure et se protéger des risques de voir l’équipe partir. Avoir une participation comme actionnaire dans l’équipe et demeurer propriétaire du terrain au centre-ville est un bon moyen de couvrir son risque.

Serge Charron, Lachine