Mieux pensé... mais nécessaire?

La CAQ propose de convertir les 72 commissions... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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La CAQ propose de convertir les 72 commissions scolaires en autant de centres de services partagés.

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L'approche de la campagne électorale peut inciter les partis à multiplier les promesses fantasques. Mais parfois, elle les incite au contraire au réalisme. Car si on promet quelque chose, il faut ensuite essayer de le faire...

C'est peut-être ce qui explique la nouvelle proposition de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour les commissions scolaires. Après avoir passé des années à vouloir les saborder, le parti propose «une évolution au lieu d'une révolution».

La CAQ convertirait les 72 commissions scolaires en autant de centres de services partagés. C'est plus raisonnable que son ancienne proposition de fermer la moitié de ces bureaux, avec le chambardement que cela implique.

Selon le nouveau plan, les employés des commissions garderaient leur travail, et ils le feraient dans le même bureau. Alors, à part le nom, qu'est-ce qui changerait? Les élections scolaires disparaîtraient. Les commissaires, qui deviendraient des responsables des centres de services, ne seraient plus élus.

Ils perdraient la légitimité qui vient avec ce statut. La relation de pouvoir avec les écoles serait alors inversée.

Les conseils d'établissement des écoles ne formuleraient plus de simples demandes aux centres de services. Il s'agirait désormais d'ordres. Par exemple, elles pourraient exiger plus de psycho-éducateurs et moins d'orthopédagogues, pour répondre aux besoins de leurs élèves. L'objectif : plus d'autonomie pour les écoles.

Les centres de services seraient ainsi relégués à un rôle de coordination. Ils s'occuperaient par exemple des travaux d'entretien, des transports et d'autres tâches que les écoles ne veulent pas gérer.

Quelques interrogations demeurent toutefois. Par exemple, comment gérer les arbitrages entre les écoles? Les plus petites écoles auront-elles assez de ressources pour exercer cette indépendance? La communauté s'impliquera-t-elle plus dans les nominations aux conseils d'établissement que dans les élections scolaires? Et économisera-t-on vraiment de l'argent?

Malgré tout, le nouveau plan de la CAQ est sans doute mieux ficelé que ses anciennes promesses. Mais est-ce nécessaire? Et surtout, est-ce prioritaire? C'est loin d'être certain.

Les libéraux et les péquistes accusent la CAQ de ne parler que de structures. C'est faux. Jean-François Roberge, ex-prof et critique de la CAQ, a aussi plusieurs propositions en matière de réussite éducative (maternelle à 4 ans pour tous, hausse du salaire des enseignants, meilleur accès aux conseillers en orientation au secondaire, etc.).

Par contre, libéraux et péquistes ont raison de dire qu'on ne peut pas tout faire en même temps. L'éducation est un milieu sclérosé où tout avance à pas de tortue. Pour changer les choses, il faut du courage, mais il faut aussi choisir ses combats. Ou du moins, choisir dans quel ordre les mener.

Veut-on passer un début de mandat à défendre ce projet de loi? Et risquer une probable bataille juridique contre les commissions scolaires anglophones?

Cela fait plus d'une décennie que des politiciens parlent d'abolir les commissions scolaires. Si le débat s'éternise, cela prouve qu'il existe un malaise - et il ne disparaît pas, comme le démontre l'action collective intentée par des parents à cause des frais abusifs. Mais si le débat s'éternise, c'est aussi parce qu'il n'y a pas de solution facile. Parlez-en à tous les ministres qui se sont cassé les dents avec leurs tentatives de réforme...

On voit mal l'urgence de rouvrir ce front. D'autant qu'il est encore tôt pour évaluer l'impact de deux récentes décisions sur la bureaucratie.

Pour que les besoins soient évalués par les gens près des élèves, Québec a créé l'automne dernier un comité de répartition des ressources dans chaque école. Et pour accélérer l'aide aux élèves en difficulté, Québec n'exige plus que les diagnostics soient validés par le Ministère.

Il faudrait à tout le moins attendre la fin de l'année scolaire avant de conclure que cela ne suffit pas.

S'il y a urgence, c'est plutôt pour entretenir les écoles, valoriser la profession d'enseignant et intervenir plus tôt auprès des élèves en difficulté. Comme leurs adversaires, les caquistes ont plusieurs propositions à cet égard. On aimerait toutefois savoir par quoi ils commenceraient.

En début de mandat, le gouvernement Couillard s'est perdu avec des réformes bancales de la gouvernance scolaire. La CAQ devrait étudier le bilan des ex-ministres libéraux Yves Bolduc et François Blais. Elle y trouvera plusieurs gaffes à ne pas répéter...




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