Transports collectifs: enfin, on avance

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«Cet argent aidera, par exemple, à payer les nouveaux wagons Azur», souligne Paul Journet.

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Ce fut long et pénible, mais enfin, Québec réinvestit dans les transports collectifs, avec un début de vision d'ensemble.

Il a fallu attendre trois ministres des Transports, d'absurdes reports du bus rapide sur Pie-IX, des lubies sur le prolongement en surface de la ligne bleue, des guéguerres de maires et quelques autres pelletées d'incohérence. Mais avec le nouveau budget Leitão, on enlève le sabot de Denver et on commence à rouler dans la bonne direction.

Le gouvernement Couillard vient tout récemment de faire le ménage dans la planification des projets. Auparavant, elle résultait des compromis arbitraires entre maires qui tiraient chacun la couverture de leur côté.

À partir de juin, cette planification sera désormais faite par la nouvelle Autorité régionale du transport métropolitain (ARTM). Il y aura donc un seul responsable pour l'ensemble du Grand Montréal, qui développera une vision d'ensemble.

Les projets pourront donc être mieux choisis. Et surtout, il y aura plus d'argent pour les financer. Comme prévu, le budget déposé mardi a précisé l'investissement dans le Réseau électrique métropolitain (REM). Mais il contenait aussi deux surprises. La première, c'est que l'ARTM recevra en moyenne 80 millions par année, soit près de trois fois ce qui était anticipé. Cela servira à entretenir le réseau et à bonifier l'offre. L'autre bonne nouvelle, c'est que l'enveloppe pour l'ensemble du Québec est aussi augmentée, de 333 millions sur cinq ans.

Cet argent aidera, par exemple, à payer les nouveaux wagons Azur, le service rapide par bus sur Pie-IX, l'entretien des trains de banlieue, l'adaptation du transport aux personnes handicapées et l'élargissement du tarif préférentiel aux étudiants de plus 26 ans.

Il n'était pas trop tôt. Depuis quelques années, les transports collectifs faisaient du surplace.

De 2008 à 2013, la fréquentation est restée stable à Montréal en heure de pointe, tandis que l'auto devenait encore plus populaire. Et le financement aussi stagnait - la Société des transports de Montréal a même subi une légère baisse de son budget en 2014. 

Tout cela alors qu'on connaît les monstrueux coûts économiques et environnementaux de la congestion routière. Pendant que les émissions de gaz à effet de serre (GES) des industries ont diminué, celles des transports ont explosé, assez pour rendre improbable l'atteinte des cibles de réduction (20% sous le niveau de 1990 d'ici 2020).

Enfin, on renverse la vapeur. Il faudra toutefois poursuivre sur cet élan. La prochaine étape : la politique de la mobilité durable attendue d'ici la fin de l'année. Québec devrait y inscrire une cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) pour les transports. Cela permettrait de donner plus de cohérence aux futurs investissements en infrastructures.

Dans les projets à l'étude, on trouve le prolongement de la ligne bleue du métro et le service rapide par bus Québec-Lévis... mais aussi le projet de «troisième lien» routier entre Québec et Lévis. Québec dépensera donc plus de 20 millions pour étudier ce projet de pont-tunnel rejeté par le maire Labeaume lui-même à cause de son coût pharaonique (estimé à plus de 4 milliards!). La dépense sera surtout rentable pour la campagne électorale de 2018 à Lévis, où on prétendra que ce projet n'est pas mort.

Inscrire une cible de GES dans le plan de mobilité durable aidera à guider les futurs choix en infrastructures. Ce sera utile quand des centaines de millions seront sur la table, avec l'opportunisme et le tordage de bras que cela suppose.




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