Bonnes et mauvaises nouvelles pour la planète

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« Il y a une limite aux mécanismes techniques... Il semble que la meilleure motivation soit la peur », écrit Paul Journet.

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Il n'y a pas eu de grande avancée à la 22e Conférence des Nations unies sur le climat, et on n'en attendait pas non plus. Mais la rencontre tenue à Marrakech a tout de même offert de bonnes et de mauvaises nouvelles pour la planète.

L'accord de Paris est officiellement entré en vigueur il y a deux semaines, après avoir été ratifié par assez de pays*. Le train a donc déjà quitté la gare. Le soulagement, c'est que malgré l'élection de Donald Trump, tout le monde est resté à bord.

La mauvaise nouvelle, toutefois, c'est que ce train avance encore trop lentement. Même si les pays respectaient leurs cibles, on dépasserait la limite fixée par la science, soit une hausse de 2 degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle**. Et, pire, plusieurs pays ne réussissent pas à respecter leurs promesses insuffisantes. Ils ne sont même pas à la hauteur de leur manque d'ambition...

« Le monde doit de toute urgence et radicalement revoir ses ambitions », résume d'ailleurs un nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement.

La bonne nouvelle, par contre, c'est que l'accord de Paris avait prévu ce manque de volonté. Il propose donc deux remèdes dont on a discuté à Marrakech.

Le premier : une révision systématique des cibles tous les cinq ans, à partir de 2023, pour forcer les signataires à renforcer leurs cibles.

Le second : un détecteur à hypocrisie, soit l'obligation pour chaque pays de dévoiler ses réductions de gaz à effet de serre. Les discussions se poursuivent pour savoir comment calculer autant les émissions actuelles que futures. Et surtout, pour rendre ces calculs transparents. Cela forcerait, par exemple, le gouvernement Trudeau à clarifier son discours contradictoire - il veut construire de nouveaux oléoducs pour « acheminer les ressources aux marchés de façon sécuritaire », tout en décarbonisant son économie d'ici 2050 (baisse de 80 % des GES par rapport au niveau de 2005). De telles promesses devraient désormais être prouvées, chiffres à l'appui.

Ces deux mécanismes sont essentiels pour que l'accord de Paris fonctionne. Ils permettront d'identifier ceux qui prétendent agir tout en laissant les autres faire le travail. Bref, de dénoncer les profiteurs.

Car c'est leur égoïsme qui crée la fuite vers l'avant, droit vers le mur.

Mais il y a une limite aux mécanismes techniques... Il semble que la meilleure motivation soit la peur. On le constate en Chine.

Au pays de Mao, réduire les GES n'est plus une proposition controversée. Ni un projet pour les générations futures. C'est une nécessité à la fois pour l'économie et la santé. Le pays compte déjà ses disparus - il y aurait plus de 4000 morts prématurées chaque jour à cause de la pollution de l'air. Et le coût annuel de cette pollution s'élèverait à 10 % du PIB***. Le même phénomène s'observe en Inde, où New Delhi a été frappé par une vague de smog.

Peut-être que le nouveau président américain devrait s'y balader, pour y respirer un petit avant-goût du futur.

* L'accord est entré en vigueur après avoir été ratifié par 55 pays qui représentent au moins 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

** Selon un récent rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement, même si les cibles actuelles étaient atteintes, la hausse de la température serait de 2,9 à 3,4 degrés d'ici la fin du siècle. Et puisque le climat n'est pas linéaire, une petite hausse peut provoquer de grands et imprévisibles effets.

*** Selon les estimations respectives de la Banque mondiale et de chercheurs de l'Université Berkeley.

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