Le fond électoral

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Les campagnes publicitaires partisanes existent chez nous depuis plusieurs années. La nouveauté, c'est que les élections à date fixe les rendent plus efficaces, et donc plus populaires.

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Jusqu'à quel point peut-on crétiniser le débat public ? La limite relève peut-être de l'insondable, mais le Canada a pris le grand plongeon avec les nouvelles publicités de groupes pro- et anti-Harper.

Ces pubs posent trois problèmes : l'opacité, l'influence de l'argent et l'hyperpartisanerie.

Durant les campagnes électorales, la loi canadienne encadre bien les dépenses des partis politiques et des groupes (205 800 $ pour les syndicats, entreprises et coalitions de citoyens). Hors de cette période, par contre, c'est le Far West. Un groupe peut amasser de l'argent de donateurs anonymes, y compris des entreprises, syndicats ou même des étrangers. Et on ne plafonne ni les dons ni les dépenses.

Cela travestit la réforme du financement, qui visait à augmenter la transparence et limiter l'influence de l'argent. Et cela incite à abrutir les débats.

La partisanerie est inévitable et elle n'est pas mauvaise en soi. Et si elle dérape, l'État n'a pas à contrôler les messages. On lui demande seulement de ne pas créer les conditions qui incitent aux dérapages. Or, c'est ce que fait le système actuel.

L'anonymat permet de salir l'adversaire ou carrément mentir sans en payer le prix.

On l'a vu avec les récentes pubs. L'argument pour attaquer le chef libéral ? Une citation hors contexte et de la musique dissonante. Et l'argument contre le premier ministre Harper ? Du traficotage de chiffres. Pour exagérer les inégalités, on ne comptabilise pas les prestations sociales.

Il ne s'agit pas pour autant d'une américanisation de notre politique. On est encore loin de la campagne présidentielle américaine, où les frères Koch, des milliardaires climato-négationnistes, projettent de dépenser à eux seuls plus d'un milliard de dollars.

Le phénomène n'est pas inédit non plus. Ces campagnes existent chez nous depuis plusieurs années. La nouveauté, c'est que les élections à date fixe les rendent plus efficaces, et donc plus populaires. En effet, on sait maintenant quand les élections seront déclenchées. On peut préparer l'offensive publicitaire plusieurs mois à l'avance et la poursuivre dans l'opacité jusqu'à la dernière minute.

On connaissait déjà les groupes conservateurs National Citizens Coalition et Working Families Coalition. Dans les dernières semaines, le groupe Engage Canada (formé d'ex-stratèges néo-démocrates et libéraux) a été créé pour leur donner la réplique. Il y a ensuite eu la riposte à la riposte, avec le HarperPAC, formé par d'ex-stratèges conservateurs.

Cela commence à ressembler à une course aux armements. Pour le régler, il faut une trêve.

Certes, le HarperPAC s'est dissout jeudi dernier dans la controverse. Le premier ministre n'a pas aimé qu'on utilise son nom pour frapper ses rivaux dans les rotules. Malgré cette maladresse, le problème demeure. Le régler ne serait pourtant pas difficile. Il suffirait de changer la loi pour que les dons et les dépenses des groupes soient limités aussi dans les mois précédant la campagne électorale.

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