Voeux pieux pour Hydro-Québec

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Éric Martel, qui vient d'être nommé à la tête d'Hydro-Québec par le gouvernement libéral, a hérité d'un mandat bipolaire, écrit notre éditorialiste.

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Québec a beaucoup demandé et peu offert au nouveau patron d'Hydro-Québec, Éric Martel. Aux côtés du ministre des Ressources naturelles, M. Martel annonçait mercredi dernier ses trois priorités : transparence, service à la clientèle et productivité. Il y avait toutefois un peu d'hypocrisie dans l'air. Car Québec demande à sa vache à lait de s'améliorer sans lui donner tous les outils requis. Et parfois même en lui confiant des missions impossibles.

Pour la transparence, la bonne nouvelle est que faire pire serait difficile. La société d'État a refusé l'année dernière au Vérificateur général d'obtenir certains documents, même si une nouvelle loi l'y autorisait. Elle a aussi déjà remporté le prix de la noirceur de la Fédération professionnelle des journalistes.

Par contre, cette culture de l'opacité n'explique pas tout. Elle incite Hydro-Québec à vouloir vivre à l'ombre. Mais ce qui lui permet souvent de le faire, c'est la désuète Loi sur l'accès à l'information, pleine de boucliers pour bloquer les demandes. Le gouvernement Couillard déposera bientôt sa réforme de cette loi. Si des échappatoires y demeurent, la transparence risque de n'être qu'un beau projet.

Pour le service à la clientèle, le monopole d'État ne subit pas de concurrence l'aidant à s'améliorer. Il faut donc un arbitre. La Régie de l'énergie, un organisme quasi judiciaire, joue ce rôle. Mais elle ne traite pas tous les types de plaintes. Ni les réclamations. Un récent dossier de notre collègue Stéphanie Grammond révélait quelques histoires d'horreur de citoyens qui seront forcés de recourir aux petites créances. 

Pour déjudiciariser les plaintes et en obtenir une vision d'ensemble, Québec pourrait autoriser la Protectrice du citoyen à les examiner. C'est ce que permet par exemple l'Ontario.

Enfin, pour la productivité, il faudrait savoir de quoi on parle. Il en existe trois mesures : l'efficacité, le tarif facturé aux clients et le dividende versé à l'État. Pour les gains d'efficience, le message est clair : faire plus avec moins (440 millions depuis 2008). Par contre, les deux autres mesures se contredisent. Une facture à rabais plombera le dividende, et vice-versa. Et on ne comprend pas ce que Québec priorise.

L'équilibre budgétaire dépend plus que jamais des mamelles d'Hydro-Québec. Le dividende versé l'année dernière s'élève à 2,5 milliards de dollars, un record. Mais en même temps, libéraux et péquistes lui ont imposé des aventures coûteuses, comme les achats d'énergie éolienne qui feront augmenter la facture résidentielle de 2,1 % cette année. Les consommateurs subventionnent ainsi le développement économique de la Gaspésie via cette taxe déguisée. Sans oublier les fiascos de l'ouverture inutile de la centrale thermique Bécancour ou du retard de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2, qui a mené à l'achat d'équipement inutile.

Mais même si Québec cherche un dividende maximal et crée une pression à la hausse sur les tarifs, à l'Assemblée nationale, les chemises se déchirent dès que la société d'État veut augmenter la facture.

Le nouveau patron d'Hydro-Québec a hérité d'un mandat bipolaire.

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