Les ramancheurs du métro

Les usagers devront débarquer à la station Saint-Michel... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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Les usagers devront débarquer à la station Saint-Michel pour transférer du réseau de surface au souterrain. On découragera les automobilistes d'adopter le transport en commun.

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

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Avec son nouveau scénario de métro de surface, Québec semble moins en voie de prolonger la ligne bleue que les délais.

L'idée surprenante a été lancée par le ministre des Transports, Robert Poëti. Elle est mauvaise pour trois raisons : elle survient trop tard ; elle découragera les navetteurs ; et il est loin d'être certain qu'elle coûtera trois fois moins cher, comme le prétend M. Poëti.

En théorie, un métro en surface est beaucoup moins dispendieux. Mais des impondérables risquent de faire gonfler la facture. Le tronçon traverserait plus de 40 intersections entre Saint-Michel et Anjou. Les expropriations seront nombreuses, sans oublier le problème des lignes électriques.

De plus, les wagons actuels ne fonctionnent pas hors des tunnels. Il faudra en acheter de nouveaux, trouver un garage pour les entreposer et développer une expertise pour les entretenir.

Et même si on économise dans la construction, cela engendrera un coût futur. Les usagers devront débarquer à la station Saint-Michel pour transférer du réseau de surface au souterrain. On découragera les automobilistes d'adopter le transport en commun.

À quel point ? C'est ce que veut vérifier M. Poëti. Il a commandé un rapport au bureau qui étudie déjà le prolongement souterrain de la ligne bleue.

La demande arrive un peu tard. Près de 50 millions de dollars ont été dépensés en études depuis 2009. L'évaluation des coûts devait être déposée d'ici la fin de l'année. Il faudra attendre quelques semaines de plus, et ajouter des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars à la facture.

Si le métro en surface ne dissuade pas trop les usagers (où se situera la limite ?), on en évaluera les coûts. Les études seront encore plus longues et dispendieuses. Le projet pourrait alors devenir lié à celui de la Caisse de dépôt, qui fera construire un lien ferroviaire dans l'Ouest et sur le nouveau pont Champlain. On attendrait de connaître la technologie utilisée par la Caisse pour vérifier si des synergies sont possibles.

Tant que l'estimation des coûts n'est pas connue, la somme - plus d'un milliard - n'est pas budgétée. Cela évite de nuire au plan de réduction de la dette. Le gouvernement Couillard ne s'en plaindra pas...

Le retard pourrait se justifier si la suggestion était d'un intérêt exceptionnel. Mais elle est construite sur une seule vision : celle des oeillères comptables.

Certes, il faut optimiser le ratio de passager déplacé par dollar investi. Mais cela doit s'inscrire dans un plan d'urbanisme. Le métro en surface (tram-train) mérite d'être utilisé sur un nouvel axe, par exemple pour relier la ligne bleue à la ligne verte. Brocher cette nouvelle technologie à une ligne souterraine, pour seulement cinq stations, ne constitue pas une stratégie pour l'avenir. C'est un projet de ramancheur.

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