Les combattants oubliés

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Les militaires participeront à un exercice d'entraînement avec les États-Unis et les autres alliés de l'OTAN.

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En avril 1917, le premier ministre Borden s'engageait auprès de ses troupes à Vimy. Le Canada, promettait-il, se donnerait pour «premier devoir», à leur retour, de veiller sur les soldats qui auront survécu à cette boucherie.

Son successeur Stephen Harper a profité en 2007 du 90e anniversaire de cette bataille pour créer un poste d'ombudsman des anciens combattants. Les nombreux rapports publiés depuis par ce chien de garde démontrent les ratés de l'aide aux vétérans, et le congédiement du bourru ministre Julian Fantino, annoncé lundi, n'y changera pas grand-chose.

Certes, la nouvelle équipe a une feuille de route enviable. Le successeur de M. Fantino, Erin O'Toole, est un ex-pilote des Forces canadiennes (FC) et fondateur d'un groupe de vétérans. Il est épaulé par un nouveau sous-ministre plus que crédible, Walter Natynczyk, ex-chef d'état-major des FC, lui-même père d'un militaire.

Mais ce n'est pas l'expertise qui faisait défaut. Les problèmes sont connus. Ils sont documentés par l'ombudsman, ainsi que par les rapports du vérificateur général et d'un comité parlementaire multipartisan qui a, chose plutôt rare, formulé des recommandations unanimes.

Pour équilibrer le budget, le gouvernement conservateur a aboli 900 postes dans les services aux anciens combattants. Huit centres d'aide ont aussi été fermés. Et même l'argent budgété n'est pas tout dépensé: depuis sept ans, plus de un milliard de dollars prévus sont retournés dans les coffres du gouvernement.

Les programmes sont donc chiches. Et leur complexité, couplée au manque de personnel pour les gérer, les rend parfois difficiles d'accès, surtout pour un ex-militaire à la santé mentale fragile.

Trois grandes modifications sont nécessaires. D'abord, hausser les indemnités. Par exemple, l'allocation pour perte de revenus des invalides ne devrait plus cesser à 65 ans, et l'indemnité devrait égaler celle accordée dans les causes civiles. Ensuite, les réservistes blessés en mission ne devraient plus recevoir moins d'argent que les membres réguliers. Et enfin, une meilleure aide devrait être offerte aux conjoints qui travaillent moins pour prendre soin d'un ex-militaire.

Le gouvernement conservateur a promis d'agir. Il a déjà annoncé l'ouverture d'un nouveau centre de services, en plus d'en bonifier huit autres. Il a aussi annoncé un financement additionnel de 200 millions pour les anciens combattants. La somme devait être répartie sur six ans, annonçait-on cet automne. Elle sera finalement échelonnée sur 50 ans...

Pendant ce temps, Ottawa se défend encore en cour contre sept anciens combattants qui se disent lésés par le complexe système de versement d'indemnités, moins généreux que le précédent. Parmi eux: Mark Campbell, qui a perdu deux jambes et un testicule en Afghanistan. Dans sa poursuite, le groupe rappelle la promesse du premier ministre Borden en 1917.

Bien sûr, les discours passés ne lient pas les gouvernements, et les fonds publics ne sont pas illimités. Mais quand on vote pour des missions, la moindre des choses est de veiller à ceux qu'on envoie combattre.

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