Pas le bon rapport

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Lucienne Robillard

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Si on attendait un rapport pour redresser les finances publiques, celui dévoilé hier n'est pas le bon.

Créer la Commission permanente de révision des programmes était une bonne idée. C'est un exercice à la fois nécessaire et complexe. Québec n'a pas d'inventaire de ses programmes, et ignore même le nombre de ses employés...

La commande politique est colossale. La commission doit trouver 3,2 milliards en compressions pour équilibrer le budget.

Le prochain rapport, attendu l'année prochaine, sera le plus important. Car, à l'exception des ambulances, le premier rapport ne touche pas à la santé. Or, c'est là que réside le problème budgétaire.

Certes, la commission n'est sur pied que depuis juillet. Il aurait été imprudent de chambouler le système de santé en si peu de temps. Mais ce travail fastidieux devra être fait dans son prochain rapport.

Depuis 2006, les dépenses en santé ont augmenté de 40%. C'est plus que la croissance de l'économie, de 26%. La santé compte désormais pour presque la moitié des dépenses. Et le vieillissement de la population va aggraver le problème. Il accélérera la hausse des dépenses en santé, et ralentira la croissance économique.

Les autres ministères ont déjà fait des efforts. Si on exclut la Santé et l'Éducation, depuis 2006, les dépenses de l'État ont augmenté moins vite que la taille de l'économie.

On a d'ailleurs constaté hier que Mme Robillard et son équipe n'ont pas encore trouvé tant de gras. Ou du moins, qu'il n'existe pas de solution facile.

L'essentiel des économies proposées (1,3 sur 2,3 milliards) proviendrait des municipalités.

Leur diagnostic est juste. Les finances des villes sont en effet plombées par la rémunération de leurs employés, beaucoup plus élevée qu'au provincial. Les transferts de Québec aux municipalités ont ainsi augmenté en moyenne de 8,2% par année depuis 2007. Ce rythme est insoutenable.

Le remède de la commission est toutefois maladroit. Elle propose de réduire ces transferts, jusqu'à 1,3 milliard. Cette compression s'ajouterait à celle de 300 millions, déjà annoncée cet automne. Selon la commission, cela inciterait les villes à moins payer leurs employés. Comme si elles n'essayaient pas de le faire! Si elles échouent, c'est à cause de leur faible rapport de force lors des négociations.

La commission propose aussi de couper dans les budgets discrétionnaires des députés (14,4 millions), l'aléatoire programme de soutien à l'action bénévole (10,4 millions), les services ambulanciers (92 à 120 millions), l'aide aux étudiants étrangers (de 50 à 150 millions) et l'assurance des agriculteurs (300 millions).

Ce programme, révisé en 2010, pourrait probablement être à nouveau resserré. Mais la commission n'évalue pas les conséquences économiques de cette abolition sur ce secteur vital pour les régions.

L'objectif est de régler le déficit structurel. Cela ne se fera pas en l'aggravant à long terme seulement pour atteindre l'année prochaine une cible devenue plus politique qu'économique.

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