Ignorer l'urgence

Les engagements pris par les pays signataires de... (Photo Martin Meissner, archives Associated Press)

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Les engagements pris par les pays signataires de l'accord de Paris en matière de réduction de gaz à effets de serre pour 2030 ne représentent que le tiers de la cible fixée pour limiter le réchauffement global sous le seuil critique de 2 degrés Celsius, une hausse jugée « catastrophique ».

Photo Martin Meissner, archives Associated Press

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Les avertissements des climatologues selon lesquels la planète file tout droit vers une catastrophe environnementale d'envergure résonnent régulièrement dans l'actualité.

Ils sont largement relayés mais ne semblent malheureusement pas créer une impression assez forte sur les dirigeants politiques pour les convaincre d'agir avec la détermination qui s'impose.

Les experts ne crient pas au loup. Le sentiment d'urgence qui les habite est fondé et croît à mesure que la fenêtre d'action pour minimiser le réchauffement climatique rétrécit.

Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) vient de rappeler la gravité de la situation cette semaine dans un rapport qui cherche, encore une fois, à secouer les esprits.

L'organisation indique que les engagements pris par les pays signataires de l'accord de Paris en matière de réduction de gaz à effet de serre pour 2030 ne représentent que le tiers de la cible fixée pour limiter le réchauffement global sous le seuil critique de 2 degrés Celsius.

Cet écart est « catastrophique », au dire du directeur du PNUE, Érik Solheim, qui presse les États de réviser « ambitieusement » leurs objectifs à la hausse et de faire rapidement des gestes additionnels en vue de les atteindre.

La mise en garde ne tombe pas des nues puisque le texte de l'accord prévenait déjà en 2015 que les contributions annoncées à l'époque étaient largement insuffisantes et se traduiraient par des émissions annuelles de 55 gigatonnes en 2030, soit 15 de trop. Le bilan n'a guère changé depuis.

Plutôt que d'agir à ce sujet, l'administration américaine a choisi la pire voie possible en annonçant cette année son retrait du traité. Le pays n'est pas le seul qui doit faire son examen de conscience.

Le gouvernement de Justin Trudeau, qui a adopté les objectifs établis par les conservateurs de Stephen Harper après les avoir critiqués comme étant trop modérés, n'y échappe pas. 

La plus récente projection officielle du ministère de l'Environnement, basée sur les mesures en place au 1er novembre 2016, suggère que la réduction souhaitée de 30 % des émissions du pays en 2030 par rapport à celles de 2005 ne sera pas atteinte. Des mesures additionnelles ont été ciblées depuis pour se rapprocher de l'objectif, assure-t-on, mais bien des incertitudes demeurent.

À l'échelle de la planète, le PNUE pense que des réductions d'émissions additionnelles de plus de 20 gigatonnes pourraient être obtenues pour 2030, à coût raisonnable, par une série de mesures ciblées. Le recours aux énergies renouvelables, l'amélioration de l'efficacité des voitures ainsi que la lutte contre la déforestation sont notamment évoqués.

Le directeur de l'organisation onusienne se félicitait récemment que la lutte contre la pollution et les changements climatiques ne soit plus vue généralement comme un frein à la croissance économique.

Les engagements trop limités des signataires du traité de Paris montrent que le constat est loin de faire consensus et qu'il reste beaucoup à faire pour convaincre les dirigeants politiques ici et ailleurs de prendre les décisions difficiles qui s'imposent.

Ignorer l'urgence n'est plus une option.




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