Les bénévoles de Facebook

« Ici, le partage semble à sens unique... et... (PHOTO MANJUNATH KIRAN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

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« Ici, le partage semble à sens unique... et très lucratif pour l'entreprise de Palo Alto », écrit Luc Boulanger.

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Depuis peu, Facebook envoie à des utilisateurs des notifications dans le but d'obtenir des renseignements sur des commerces ou lieux publics. « Vous étiez à tel musée ou tel restaurant, nous aimerions vérifier quelques informations... » Si vous cliquez, on vous posera des questions concernant les heures d'ouverture, le stationnement, le service de voiturier, l'adresse, le code postal, etc.

La mission de Facebook est louable : « Donner aux gens le pouvoir de partager pour faire en sorte que le monde soit plus ouvert et connecté. » Or ici, le partage semble à sens unique... et très lucratif pour l'entreprise de Palo Alto.

Que l'une des entreprises les plus prospères de la planète nous sollicite pour un service sans rémunération, voilà qui est, pour rester poli, assez effronté.

Mais que des gens acceptent sans broncher de fournir à des robots une quantité d'information qui vaut de l'or, ça dépasse l'entendement ! Et ça nous en dit beaucoup sur notre époque.

VIE PRIVÉE, VIE PUBLIQUE

On a parfois l'impression qu'il y a le citoyen, celui qu'on croise au bureau ou dans la rue, et son avatar qui passe plusieurs heures devant le miroir de son écran. Ce dernier se comporte autrement sur les réseaux sociaux qu'en société. Il ne discute pas des mêmes choses et ses valeurs changent, comme s'il obéissait à deux codes de conduite : l'un dans la vraie vie, l'autre en ligne.

Ironiquement, on n'a jamais autant entendu parler de nos droits et libertés, de la protection de la vie privée, alors qu'on se dévoile sans mesure sur les réseaux sociaux. Comme si ce n'était pas suffisant de partager nos contenus personnels, voilà qu'on fait de la recherche à distance pour la boîte de Mark Zuckerberg. Un jeune homme de 33 ans, généreux avec sa communauté, dit-on, mais dont la fortune est évaluée à 70,6 milliards US, selon Forbes. Le plus ironique, c'est que ces mêmes utilisateurs refuseraient sans doute de fournir un service à leur employeur, sans salaire en retour.

Aurions-nous collectivement perdu la raison avec le virage numérique ?

Au début de l'internet, on parlait du « far web » pour illustrer les dérives des « trolls » et les ravages de l'intimidation en ligne. En 2017, la toile ressemble plutôt à un puits sans fond dans lequel on s'engouffre pour fuir la morne réalité. Si Facebook est une invention fabuleuse et appréciée par deux milliards de personnes sur la planète, ce réseau a transformé les rapports humains. Et pas toujours pour le mieux.

Attention ! On ne dit pas de fuir les médias sociaux ni de revenir à l'époque du téléphone à roulette. La révolution 2.0 profite à tout le monde (ou presque). Or, la beauté de la technologie s'arrête là où elle commence à empiéter sur nos libertés, à transformer nos personnalités, à saboter nos vies. On ne doit pas se laisser entraîner, les yeux fermés, dans l'univers merveilleux numérique.

Et puis, tant qu'à faire du bénévolat, trouvons-nous une cause plus noble que celle de nourrir les banques de données de Facebook.




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