Quand la politique devient glamour

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Si vous allez en dehors du pays cet été, on vous parlera probablement de Justin Trudeau. Depuis son arrivée au pouvoir, en octobre 2015, « Justin » est devenu une étoile canadienne au même titre que Céline Dion. Et les médias du monde entier le traitent en rock star.

Après avoir fait la une du Paris Match et figuré sur la liste du Vanity Fair comme l'un « des hommes les mieux vêtus au monde », voilà que le Rolling Stone lui consacre sa couverture ce mois-ci. « Est-il le meilleur espoir du monde libre ? », se questionne le magazine en manchette, en se désolant au passage de ne pas avoir un Trudeau à la Maison-Blanche.

Cette popularité s'explique aisément. Justin Trudeau tranche avec l'image habituelle du politicien d'expérience.

Il dégage un côté humain, accessible, en rupture avec les chefs d'État rigides. Il est jeune, ouvert, décontracté. Or, sous cette surface lisse et ce look cool, on trouve aussi des valeurs profondes, sur la tolérance ou le multiculturalisme, par exemple. Même si parfois le gouvernement Trudeau contredit ses valeurs vertes et humanistes, comme avec la vente de blindés à l'Arabie saoudite ou sa position sur le pipeline Trans Mountain.

En constante représentation, Trudeau aime bien faire passer des messages. On se souvient de ses chaussettes aux couleurs de l'arc-en-ciel qu'il portait lors du défilé de la Fierté, ou celles avec le drapeau de l'OTAN au sommet de Bruxelles. Avec Trudeau, le « médium » est indéniablement le message.

« Justin Trudeau est un véritable homme de communication, estime l'éditeur d'Infopresse, Arnaud Granata. Il s'est entouré de très bons conseillers en image qui dirigent le message à véhiculer et son impact sur la population. Mais ça demeure un naturel pour lui. Il est décomplexé par rapport à son rôle. Ça explique sans doute la fascination qu'on a pour lui à l'international. »

UNE SECONDE TRUDEAUMANIE

Qu'on aime ou non son style ; qu'on soit sous son charme ou pas, on ne peut ignorer cette Trudeaumanie 2.0. Certes, le phénomène n'est pas unique - le président Obama exerce le même genre de fascination -, mais ça demeure exceptionnel dans l'histoire canadienne. Pour Trudeau, gouverner, c'est autant plaire et séduire que décider.

Il y a pourtant un revers à la médaille. Un côté juvénile et superficiel. On peut se demander si sa popularité outre-frontière est payante, si elle rapporte des retombées directes pour le pays à court ou moyen terme.

Pour l'instant, le Canada attire de plus en plus de touristes étrangers. L'année 2016 a été prospère. Le pays a accueilli près de 20 millions de voyageurs, son meilleur score depuis 2002. De plus, selon des données de Montréal International, 2016 a été une année record avec 1,35 milliard de dollars d'investissements directs étrangers dans la métropole.

Bien sûr, des événements majeurs et des facteurs économiques et politiques expliquent l'intérêt du monde pour le Canada. Mais le facteur Trudeau aussi.

TRUDEAU CHEZ L'ONCLE SAM

Selon un sondage, l'actuel premier ministre est presque trois fois plus connu aux États-Unis que son prédécesseur, Stephen Harper : 44 % des Américains interrogés connaissent Justin Trudeau, contre 17 % seulement pour Harper.

Source : Ipsos/Global News du 3 au 6 février 2017




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