À l'image du Canada d'aujourd'hui

Nous pouvons nous réjouir d'avoir en Julie Payette... (Photo Chris Wattie, Reuters)

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Nous pouvons nous réjouir d'avoir en Julie Payette un chef d'État (symbolique) avec des valeurs humanistes et scientifiques qui risque de moderniser l'institution et son héritage monarchique, estime Luc Boulanger.

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Pour Julie Payette, il faut toujours aller de l'avant. En acceptant l'offre du premier ministre Trudeau de devenir la 29e gouverneure générale du Canada, la scientifique estime pouvoir servir son pays et « ses valeurs fondamentales de tolérance et d'ouverture ».

La nomination de Mme Payette est un choix judicieux. Tant pour rehausser l'image du Canada à l'étranger que pour moderniser ce poste onéreux qui est loin de faire l'unanimité, surtout au Québec.

Le rôle d'un gouverneur général est perçu par certains comme archaïque, désuet, inutile. Or, ces qualificatifs sont aux antipodes du profil et du parcours exceptionnel de l'astronaute de 53 ans.

Au contraire, la gouverneure générale désignée projette une image novatrice et futuriste.

En choisissant une femme de l'espace qui valorise le savoir et l'innovation, Justin Trudeau envoie un message à la fois poétique et audacieux au monde : le Canada a les pieds sur terre et la tête dans les étoiles.

En cherchant à se surpasser constamment, Julie Payette est un modèle pour les scientifiques, mais surtout, pour la jeunesse d'ici et d'ailleurs. On est loin des nobles de sang bleu et des politiciens en fin de carrière qui ont longtemps régné à Rideau Hall (en point de presse hier midi, Julie Payette a affirmé n'avoir été membre d'aucun parti politique).

Bien sûr, si vous êtes rebuté par l'idée même d'avoir un représentant de la reine Élisabeth II, à Ottawa, vous ne changerez pas d'idée. Toutefois, vous pouvez vous réjouir d'avoir un chef d'État avec des valeurs humanistes et scientifiques qui, sans la bouleverser, risque de moderniser l'institution et son héritage monarchique. Un chef d'État symbolique, certes, mais qui va rehausser la « marque » du Canada à l'international ; en le positionnant comme un pays de génie et de technologie, jeune et ouvert, résolument tourné vers l'avenir.

LA SCIENCE ET LA DIPLOMATIE

En entrevue au Devoir en 2013, Mme Payette défendait l'idée que la science peut aussi être au service de la diplomatie. « Nous sommes une société privilégiée - éduquée, tolérante et prospère -, on a donc un rôle à jouer à l'international. Déjà, nous rayonnons au chapitre des arts et de la créativité, il n'y a aucune raison pour laquelle on ne rayonnerait pas autant au niveau scientifique et technologique. »

L'ex-directrice du Centre des sciences de Montréal ajoutait que la Station spatiale internationale est non seulement « un chef-d'oeuvre d'ingénierie, mais également un chef-d'oeuvre de diplomatie et un outil de politique internationale extrêmement fort ».

Avec une telle philosophie, le premier ministre Trudeau n'a rien à craindre pour ses relations avec les autres nations. Celle qu'il qualifie de « championne de la science et de la technologie » deviendra (peut-être) une reine de la diplomatie.




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