La patience en or des Montréalais

«On connaîtra les chiffres de vente de billets... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE)

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«On connaîtra les chiffres de vente de billets (pour la Formule E) dans les prochains jours, mais en marchant dans le périmètre (de l'événement) hier, il était évident que les Montréalais n'étaient pas au rendez-vous en grand nombre», écrit Laura-Julie Perreault.

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Les Montréalais sont les champions de la patience. Ils l'ont démontré souvent au cours des dernières décennies et au moins mille fois dans les deux dernières années.

Devant les entraves multiples à la circulation, que ce soit pour la construction du pont Champlain 2.0, la reconstruction de l'échangeur Turcot, ou encore les réparations majeures dans la rue Saint-Denis, les Montréalais, en auto, à vélo ou à pied, s'adaptent du mieux qu'ils peuvent.

Les derniers Bye Bye ont été remplis de blagues sur les cônes orange, beaucoup ont râlé, mais en général, les Montréalais ont pris leur mal en patience dans l'espoir de voir leur ville devenir plus belle, plus efficace, plus sécuritaire. Des gens se sont mobilisés pour dénoncer tel ou tel aspect d'un projet, mais reconnaissent que la métropole a besoin d'amour et d'infrastructures fiables.

Au nom des festivités du 375e anniversaire qui battent leur plein, ils ont aussi fermé les yeux sur la multiplication des chantiers au centre-ville et les fermetures de rue.

Certains privilégient même l'humour. Ces jours-ci, des travaux bloquent complètement l'accès aux automobiles sur une partie de la rue Notre-Dame Ouest dans le quartier Saint-Henri. Ce secteur de la ville, qui est en pleine revitalisation, pourrait pleurer sur son sort. Au lieu de ça, le regroupement des commerçants des «Quartiers du Canal» a installé des affichettes comiques à travers le chantier labyrinthique. «Les commerces sont ouverts pendant les travaux et les commerçants apprécient votre quête épique», peut-on lire sur l'un de ces panneaux verts. La boucherie Notre-Dame a décoré sa devanture avec une guirlande en cônes orange.

Cette tolérance infinie vient cependant de frapper un muret... de Formule E. Projet de Denis Coderre, l'événement, qui s'est terminé hier, s'est relativement bien passé. Les bolides électriques ont terminé leur course autour de la tour de Radio-Canada. Des centaines de personnes, incluant un grand nombre de familles qui n'ont pas accès à la course de Formule 1, ont assisté à la course inaugurale samedi et hier. Des pilotes sont montés sur le podium et ont aspergé une foule compacte de champagne.

Il fallait se promener autour du périmètre, cependant, pour voir que tout ne baignait pas dans l'huile. Des résidants du boulevard René-Lévesque ont collé dans leurs fenêtres des affiches en forme de doigts d'honneur destinés au maire de Montréal. Plusieurs des 1400 résidants enclavés depuis plus de deux semaines par la préparation de l'événement ont soit refusé les billets qui leur étaient offerts pour assister à l'événement, soit les ont donnés à des tiers.

On connaîtra les chiffres de vente de billets dans les prochains jours, mais en marchant dans le périmètre hier, il était évident que les Montréalais n'étaient pas au rendez-vous en grand nombre. Plusieurs gradins étaient à moitié vides à quelques minutes de la course finale. La plus longue file sur le site était celle de gens tentant de remplir leur bouteille d'eau.

Oui, les Montréalais sont patients quand ils savent qu'une entrave ou un projet améliorera ultimement leur qualité de vie. Ou même si des retombées économiques importantes sont prévues.

Dans le cas de la Formule E, les organisateurs n'ont pas réussi à convaincre les résidants du Centre-Sud et du reste du centre-ville que les sacrifices qui leur étaient demandés allaient être récompensés.

Pour en rajouter, la gestion douteuse de plusieurs facettes de l'événement - des coûts assumés par la Ville à l'achat des murets neufs - fait la manchette de tous les médias montréalais depuis deux semaines.

La Formule E a tout l'air d'avoir mis bien des Montréalais de fort mauvaise humeur. Le maire et les organisateurs sont mieux d'en prendre bonne note avant de vanter leur nouvelle course. Même à Montréal, la patience a ses limites.




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