Appel à la vigilance

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La France songe ces jours-ci à dissoudre la version française de l'organisation après des confrontations entre des manifestants pro-palestiniens et des membres de la Ligue de défense juive.

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Groupuscule d'extrême droite, la Ligue de défense juive n'a pas encore pignon sur rue à Montréal, mais déjà, elle fait des vagues. Beaucoup de vagues.

En France, le ministre de l'Intérieur songe ces jours-ci à dissoudre la version française de l'organisation après des confrontations entre des manifestants pro-palestiniens et des membres de la Ligue.

Ici, le Consul général d'Israël ne voit pas d'un bon oeil que le leader torontois de la Ligue tienne une réunion de recrutement à Montréal dimanche. De plus, une pétition circule en ligne, demandant à la ministre Lise Thériault d'interdire la Ligue au Québec, la qualifiant d'organisation islamophobe.

Le pedigree de la Ligue de défense juive n'a rien pour inspirer la confiance. Le fondateur de l'organisation, le rabbin Meir Kahane, a aussi fondé un parti nationaliste d'extrême droite en Israël, Kach. Banni de l'État hébreu dans les années 90, le parti figure sur la liste des organisations terroristes proscrites au Canada. En Israël, l'organisation voulait notamment retirer la citoyenneté à tous les non-juifs. En 1994, un de leurs membres, Baruch Goldstein, a tué 29 Palestiniens en ouvrant le feu dans une mosquée.

La Ligue elle-même a été décrétée «organisation de droite terroriste» par le FBI en 2001. Cette année-là, deux de ses membres ont fomenté un attentat terroriste contre une mosquée de Culver City en Californie. Aujourd'hui, la Ligue opère à nouveau un site web new-yorkais, ville de fondation de l'organisation dont le mandat autoproclamé est de «protéger les Juifs contre les manifestations d'antisémitisme».

À Toronto, la Ligue a été particulièrement active depuis le début de l'opération militaire israélienne dans la Bande de Gaza. Selon la police de Toronto, des membres de la Ligue ont eu quelques échanges musclés avec des protestataires pro-palestiniens au cours des derniers jours, mais personne n'a été arrêté.

Joint cette semaine, le leader de l'organisation, Meir Weinstein, affirme que cette dernière n'a jamais violé la loi canadienne. Il ne cache pas ses intentions à Montréal: il veut «détruire» des groupes montréalais liés au Hamas et aux Frères musulmans d'Égypte, dit-il. Comment? Grâce à des manifestations et à des campagnes dans les médias sociaux.

Les policiers montréalais promettent d'être vigilants. En ce moment, c'est la seule chose à faire. La Ligue a peut-être une sombre histoire, son incarnation canadienne et ses membres n'ont pour le moment pas commis de crimes.

Il est quelque peu inquiétant de constater cependant que les corps policiers et de renseignements canadiens semblent peu connaître l'organisation d'extrême droite. Ni le ministère fédéral de la Sécurité publique ni la Gendarmerie royale du Canada ni le Service canadien des renseignements de sécurité n'ont répondu à nos questions sur les liens entre Kach et la Ligue de défense juive.

Espérons que les autorités sont mieux outillées pour faire respecter les lois, notamment celles contre l'incitation à la haine.




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