Le vent de changement fracasse le plafond de verre

« À l'ère des réseaux sociaux, Valérie Plante a... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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« À l'ère des réseaux sociaux, Valérie Plante a montré que le manque de notoriété n'est plus l'obstacle qu'il représentait jadis », écrit notre éditorialiste.

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Après une campagne gagnée haut la main par Projet Montréal, les électeurs ont voté en grand nombre pour la cheffe Valérie Plante... mais aussi, avouons-le, contre Denis Coderre.

Le niveau de mécontentement suscité par le maire sortant aura été la première de multiples surprises lors de cette élection pleine de rebondissements. Un mécontentement sous-estimé par les commentateurs, disons-le, mais aussi par le principal intéressé, dont la principale erreur aura été... de ne pas faire campagne.

Denis Coderre croyait que l'élection était dans la poche avant même qu'elle ne débute. Il pensait qu'il n'avait qu'à se présenter sur le terrain et limiter les occasions de débat avec sa rivale pour que sa notoriété fasse le travail.

Or, ce n'est jamais une bonne idée de tenir les électeurs pour acquis. Cette erreur stratégique, il l'avait aussi faite en 2013, alors qu'il avait fait campagne sur les talons, avant de remporter une victoire en demi-teinte.

Comme l'a dit Valérie Plante hier soir, « les élections, ce n'est pas juste une formalité ».

La Formule E a fait le reste... La gestion opaque et déficiente de ce dossier a cristallisé le mécontentement suscité par son administration en quatre ans, elle a fait ressortir les côtés plus rugueux de la personnalité du candidat et elle a occulté le bilan positif des quatre dernières années que le chef a été incapable de mettre en valeur.

Cela dit, il serait injuste de conclure que les défauts de la campagne de Denis Coderre et les failles dans ses méthodes de gestion ont réglé le sort de l'élection à eux seuls. 

La campagne constructive de Projet Montréal, menée de façon positive et disciplinée, a permis de révéler aux yeux des électeurs une solution alternative qu'ils ont jugée enthousiasmante.

À l'ère des réseaux sociaux, Valérie Plante a montré que le manque de notoriété n'est plus l'obstacle qu'il représentait jadis. Elle a su tirer la crédibilité de Projet Montréal vers le haut en nettoyant la plateforme de ses aspérités dogmatiques. Et elle a prouvé qu'elle avait l'aplomb nécessaire pour diriger une formation politique... et gagner une élection.

La cheffe doit maintenant démontrer qu'elle et son équipe, qui brillait par son absence lors de la campagne, savent gérer une métropole, avec tout ce que cela signifie d'enjeux qu'on ne retrouve pas au niveau des arrondissements.

Projet Montréal a su dans le passé montrer qu'il pouvait gérer les artères commerciales, le stationnement, l'apaisement de la circulation, le développement du réseau cyclable et toutes ces responsabilités locales qui incombent aux arrondissements.

Mais il devra maintenant prouver qu'il comprend aussi les enjeux métropolitains - à commencer par les dossiers économiques. Il devra développer rapidement des relations avec Québec, avec Ottawa et surtout avec les gens d'affaires.

La main tendue hier soir par Valérie Plante est donc de bon augure, son parti n'ayant aucune assise au sein du Montréal inc. Mais elle devra aller plus loin en démontrant que la santé économique de la métropole est une priorité.

La candidate Valérie Plante n'a pas volé sa victoire. Elle a certes profité d'un contexte favorable, mais elle a aussi su mener avec brio une campagne électorale qui lui aura permis de fracasser le plafond de verre de la politique municipale en devenant la toute première mairesse d'une ville cofondée par une femme, il y a 375 ans.




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