L'UPAC défie le Parlement

L'UPAC et son commissaire Robert Lafrenière a rencontré... (Photo Olivier Jean, La Presse)

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L'UPAC et son commissaire Robert Lafrenière a rencontré la presse hier pour clarifier certains détails de l'arrestation survenue le 25 octobre dernier.

Photo Olivier Jean, La Presse

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La seule chose qui est claire après le point de presse de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) d'hier, c'est que le commissaire Robert Lafrenière voudrait traiter l'arrestation de Guy Ouellette... comme s'il était n'importe quel citoyen !

Circulez, y a rien à voir ! L'enquête se poursuit, faites-nous confiance et laissez-nous travailler normalement, SVP...

Or, ce que le patron de l'UPAC ne semble pas tout à fait saisir une semaine après cette arrestation qui n'a toujours pas été suivie d'accusations, c'est qu'il n'y a justement rien de « normal » dans toute cette histoire.

Passe encore qu'un parlementaire soit placé en état d'arrestation. Les élus ne sont pas au-dessus des lois. Mais doit-on rappeler que l'UPAC a tout de même arrêté le député qui demandait... la tête du patron de l'UPAC ! Elle s'est tout de même attaquée au président de la commission mandatée... pour étudier le projet de loi qui la vise directement !

Guy Ouellette n'est donc pas qu'un simple individu, égal avec tous devant la loi, c'est le porteur d'une lourde charge symbolique. C'est un parlementaire qui a une influence directe sur le sort de l'organisation qui l'a soudainement placé hors jeu.

Cela ne lui accorde aucune immunité particulière, entendons-nous, mais cela exige de l'UPAC un niveau plus élevé de rigueur, mais aussi de transparence.

L'appel percutant prononcé hier par le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, était donc tout à fait justifié dans les circonstances. « Nous devons exiger que la clarté sur cette situation soit établie de façon urgente ! »

Or, cette demande solennelle n'a malheureusement pas reçu de réponse de la part de Robert Lafrenière. Au contraire, ce dernier s'est contenté de quelques précisions mineures comme l'heure de libération de Guy Ouellette, sans jamais dire pourquoi il a été arrêté.

Oui, sur papier, l'UPAC est dans son bon droit lorsqu'elle se fait discrète. Elle respecte la procédure. Elle mène son enquête en suivant à la lettre les exigences juridiques, jusqu'à preuve du contraire.

Mais que Guy Ouellette ait quelque chose à se reprocher ou non, son arrestation comporte un aspect symbolique d'importance que l'UPAC ne peut ignorer. Un aspect symbolique qui a pris encore plus d'ampleur hier, lorsque les parlementaires, forts de leur légitimité parlementaire, se sont levés d'un bloc pour appuyer la demande de leur premier représentant.

Il ne s'agit donc pas d'une intervention politique violant la séparation des pouvoirs, mais d'une ligne tracée au sol par l'Assemblée nationale. Façon de rappeler à l'UPAC qu'elle n'est pas toute-puissante et qu'elle doit justifier au minimum une telle « incursion » dans l'enceinte démocratique du Québec.

La lumière doit donc être faite sur cette troublante affaire le plus rapidement possible, et ce, pour donner confiance aux citoyens, mais aussi pour mettre fin aux allégations et rumeurs qui minent chaque jour un peu plus la crédibilité... des deux institutions concernées.




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