Présidentielle française: le système passé à la guillotine

« La seule certitude, c'est que le prochain président... (PHOTO Philippe LOPEZ, Agence France-Presse)

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« La seule certitude, c'est que le prochain président (ou présidente) sera antisystème... ou du moins, qu'il se sera fait élire en prétendant l'être », écrit François Cardinal.

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À la veille du premier tour de la présidentielle française, la seule certitude, c'est l'incertitude.

On ne sait combien iront voter ni pour qui ils voteront. On ne peut deviner si les électeurs miseront sur le vote utile, le vote émotif ou le vote de protestation. On ne sait quel impact aura l'attentat de cette semaine.

En fait, la seule certitude, c'est que le prochain président (ou la présidente) sera antisystème... ou du moins, qu'il se sera fait élire en prétendant l'être.

Tous les candidats se sont en effet érigés contre « le système ». Tous se sont distanciés du sérail, des élites, de la machine, quitte à se livrer aux contorsions les plus étonnantes.

Imaginez ! Même l'ancien premier ministre François Fillon, un politicien de métier qui n'a jamais mis le pied au privé, a tout fait pour se positionner contre l'establishment politique ! Et l'ex-banquier Emmanuel Macron a tenté de se distancier du système en proposant rien de moins que « la révolution »...

S'ajoutent Marine Le Pen, qui parle « au nom du peuple », et Jean-Luc Mélenchon, porte-étendard des « insoumis ». Sans oublier Benoît Hamon, qui s'est positionné contre « le candidat du système », Emmanuel Macron.

Pas compliqué, tous les politiciens tentent ainsi de se coller à un électorat qui recherche... autre chose.

« Autre chose » que l'alternance des 30 dernières années entre un parti de droite et un parti de gauche, entre un politicien professionnel et un autre politicien professionnel.

D'où l'étiolement des grands partis. La décomposition de l'axe gauche-droite. Et la défiance envers ce « système » que plus personne ne défend, car personne, à croire les candidats, n'en fait partie...

En suivant cette drôle de campagne, on aurait pu croire que le candidat ayant réussi à tirer son épingle du jeu est Jean-Luc Mélenchon. Ou encore Marine Le Pen, qui est demeurée bien placée pour être du second tour. À la limite, Emmanuel Macron, dont le vote semble se consolider, à défaut de monter.

Mais le véritable vainqueur, c'est... « le PRAF ».

Le PRAF ? C'est ce groupe d'électeurs réunis sous l'étiquette « Plus rien à faire », et sa branche plus militante, « Plus rien à foutre ». L'expression vient du patron d'Ipsos, Brice Teinturier, et englobe les dégoûtés de la politique qui continuent de voter... sans espoir que cela change quoi que ce soit.

D'où la question posée par Les Échos : « et si le PRAF s'imposait comme le premier parti de France » ? Et si, demande le journal, la France de la fin des années 2010 ressemblait à celle des années 1780 ?

Et si le ras-le-bol était plus populaire que chacun des candidats pris isolément ?

C'est ce qui expliquerait l'incertitude à la veille du premier tour, la volatilité des électeurs, leur incapacité à se ranger derrière un candidat et le fait que 9 Français sur 10 estiment que « les responsables politiques ne se préoccupent pas » de ce qu'ils pensent*.

C'est ce qui expliquerait aussi les résultats des sondages, qui montrent que les quatre principaux candidats ont de la difficulté à dépasser 20 %. Preuve que peu importe le vainqueur, il n'aura pas réussi à répondre véritablement à ce besoin de changement.




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