Le budget de l'éducation retrouvée

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S'il y avait une chose à retrouver dans le budget du ministre des Finances Carlos Leitão, ce n'est pas l'espoir, c'est l'éducation, juge notre éditorialiste en chef.

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Le ministre Carlos Leitão a présenté hier «le budget de l'espoir retrouvé», selon ses mots. Laissons-lui cette lecture poétique, car s'il y avait une chose perdue ces deux dernières années, s'il y avait une chose à retrouver, ce n'est pas «l'espoir» : c'est l'éducation.

L'équilibre budgétaire était peut-être nécessaire, mais il s'est fait dans la douleur. Et disons-le, l'éducation en a souffert.

Les professionnels de l'éducation, par exemple, ont subi des coupes équivalentes à 250 postes temps complet en 2015-2016, environ 125 de plus pour l'année en cours, selon certaines évaluations.

Ajoutons à cette difficulté la succession de ministres qui n'ont pas brillé, le temps nécessaire pour organiser de nouvelles consultations et l'élaboration tardive dans le mandat libéral d'une politique de la réussite éducative, attendue prochainement.

Résultat : on a perdu du temps, deux ans pour être plus précis, dans un domaine où le Québec ne peut se payer le luxe d'une seule journée de retard.

Mais une fois qu'on a dit qu'«on aurait dû, ben dû, donc dû» et qu'on s'attarde à ce qui est aujourd'hui sur la table, on peut conclure que l'éducation retrouve l'attention du gouvernement, qui en fait une priorité.

Bien sûr, cela semble banal. Tous les partis, tous les élus, peu importe leur penchant, ont déjà dit, à un moment donné, que l'éducation est «une priorité». Tout le monde il est pour cette mission «tarte aux pommes» de l'État.

Mais trop souvent, on parle d'éducation pour cocher une case, pour montrer qu'on a les valeurs «à la bonne place», et une fois en campagne électorale, on se concentre sur les «vraies affaires», concrètes, tangibles, qui «parlent» au contribuable : les baisses d'impôt, les élargissements de routes, la réduction de l'attente aux urgences...

Cela est d'autant plus facile qu'au Québec, hélas, l'éducation n'est pas aussi valorisée qu'elle le devrait. Rares sont donc les partis qui, une fois au pouvoir, ont traduit cette «priorité» en investissements à la hauteur de l'enjeu (et de leurs promesses).

Le dernier budget Leitão fait un pas en ce sens. On aurait aimé un effort plus grand encore, des dépenses plus costaudes pour faire de l'éducation LA priorité du gouvernement, mais on observe tout de même une augmentation des investissements supérieure à la moyenne des dépenses de l'État.

On note aussi la volonté de maintenir cette croissance au cours des prochaines années.

Cela se traduit par certaines mesures à court terme, dès le mois de septembre. On compte ainsi ajouter 1500 personnes en services directs aux élèves. On veut permettre aux institutions d'enseignement supérieur d'embaucher 500 personnes pour former et soutenir les étudiants dès la prochaine rentrée. Et on entend lancer, au cours des prochains mois, une quarantaine de projets de construction et d'agrandissement d'écoles.

Après deux années difficiles, ces investissements sont les bienvenus, d'autant que les gestes et mesures du budget annoncent une prise en charge plus soutenue des jeunes, du berceau au boulot en quelque sorte. On entend davantage s'en occuper, de la petite enfance jusqu'au marché du travail, en passant par l'école, l'enseignement postsecondaire et la formation professionnelle, autant de secteurs qui profitent du budget à des degrés divers.

Ajoutons même à la liste la recherche, l'innovation, voire l'intelligence artificielle qui ont aussi droit à de l'argent frais, étant donné que la moitié des emplois qu'occuperont nos enfants n'existent pas aujourd'hui.

«L'éducation, a dit hier M. Leitão, c'est éduquer la pensée pour promouvoir les actions.» Mais il faut aussi des actions pour promouvoir l'éducation. Ce budget est donc de bon augure à la veille du dépôt de la politique en éducation.




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