Un échec tragique

L'échec d'Hillary Clinton, « c'est aussi l'échec d'un pays,... (Photo Lucas Jackson, Reuters)

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L'échec d'Hillary Clinton, « c'est aussi l'échec d'un pays, d'un système politique, d'une démocratie dont les garde-fous n'ont pu prévenir le pire », écrit François Cardinal.

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C'est le terrible échec d'une candidate expérimentée, déterminée, qualifiée pour présider la plus importante puissance mondiale. Mais c'est aussi l'échec d'un pays, d'un système politique, d'une démocratie dont les garde-fous n'ont pu prévenir le pire.

La défaite d'Hillary Clinton est tragique.

Défaite tragique sur le plan démocratique, d'abord. Les Américains ont parlé, oui, mais ce qu'ils ont dit est empreint d'une telle colère, de tant de fiel et d'agressivité, qu'il est justifié de s'inquiéter des turbulences à venir.

Défaite tragique sur le plan personnel, aussi, pour cette politicienne aguerrie, qui était la mieux préparée pour accéder à la Maison-Blanche. Une politicienne qui avait fait ses preuves à titre de sénatrice, de secrétaire d'État et de candidate présidentielle.

Mais son bagage, hélas, aura été plus lourd que son expérience. Le fait d'être une femme l'aura tirée encore plus vers le bas...

Hillary Clinton a aussi sa part de responsabilité, reconnaissons-le. En plus de manquer de charisme, elle n'a jamais semblé authentique, elle a manqué de transparence, elle s'est emmurée tout au long de sa carrière dans la méfiance et la paranoïa. Une attitude qui n'est probablement pas étrangère à la crise des malheureux courriels qui a permis au FBI de la couler.

Ajoutez à cela, après deux mandats démocrates et bon nombre d'attentes déçues, une soif de changement des électeurs que la politicienne professionnelle a été incapable d'incarner. Au contraire, même...

Bref, il y aurait peut-être eu de bonnes raisons pour ne pas voter Hillary Clinton... dans un duel normal, entre deux candidats normaux.

Mais ce n'était pas une élection normale. Car l'adversaire de Mme Clinton était tout sauf « normal ».

Donald Trump est un menteur, un manipulateur, un misogyne. C'est un instable, un provocateur, un imprévisible.

Autant de défauts qui supplantaient de loin ceux de sa rivale, aussi calculatrice, froide et impopulaire soit-elle. Autant de défauts qui auraient dû le disqualifier avant même qu'il soit sacré candidat d'un des principaux partis américains.

Mais voilà, malgré tout cela, les États désunis d'Amérique ont nommé Donald Trump polarisateur en chef.

Ils lui ont donné les clés de la Maison-Blanche, ils lui ont octroyé les pouvoirs du commandant en chef, ils l'ont nommé à la tête de la plus importante puissance militaire au monde.

C'est vrai, Donald Trump a simplement répondu aux peurs et frustrations d'une importante frange d'électeurs. Mais cette réponse était caricaturale, approximative, dangereuse jusqu'à un certain point. Elle était souvent populiste, raciste, sexiste. Elle s'appuyait sur les blasphèmes, les insultes, les menaces. Elle misait sur la division, l'intimidation et la provocation.

Tendre l'oreille à la colère des électeurs, oui. Mais se laisser guider par leurs plus bas instincts est la meilleure façon de mener le pays droit dans le mur.

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