Solidarité et rapidité

Les ravages potentiels de l'agrile du frêne commandent... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Les ravages potentiels de l'agrile du frêne commandent une réponse unifiée sur l'île, le plus vite possible.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La menace de l'agrile du frêne est bien réelle sur l'île de Montréal, et pourtant, on ne semble pas prendre cet insecte suffisamment au sérieux. Les élus ne s'investissent pas tous à fond dans cette lutte, et ce, tant à la ville-centre que dans les villes défusionnées.

Le sommet sur l'agrile du frêne, organisé lundi par la Ville de Montréal, était l'occasion pour la trentaine de maires de montrer leurs bonnes intentions... mais aussi les limites de leur volonté.

D'abord, l'administration Coderre a eu l'excellente idée de prendre le leadership dans ce dossier, mais certainement pas avec la rigueur nécessaire. De par sa faute, le responsable au comité exécutif, Réal Ménard, a échoué à convaincre les maires des villes liées du sérieux de sa démarche.

Certes, il leur a proposé une stratégie commune et essentielle pour s'attaquer à cet insecte extrêmement envahissant, mais comme l'a souligné Projet Montréal, il n'a pas fait le travail politique nécessaire en amont, seule façon d'espérer rallier les maires de l'Ouest-de-l'Île.

Il est tout de même question ici d'un règlement panmontréalais qui gruge la souveraineté des villes défusionnées, une chose qui ne s'improvise pas en une demi-journée, surtout si on se présente sans projet de règlement ni évaluation des impacts budgétaires!

Cela dit, les villes défusionnées n'ont pas mis autant d'eau dans leur vin qu'on l'aurait souhaité. Oui, il y a des enjeux de juridiction qui se posent. Plusieurs maires, comme celui de Dorval, voient d'un mauvais oeil l'incursion de la ville-centre dans leur champ de compétence, mais il n'y a là rien de dramatique. L'ampleur des dommages potentiels (on dénombre 200 000 frênes publics sur l'île) exige que chacun ravale son orgueil territorial.

En effet, l'agrile est un insecte qui réussit assez facilement à se balader d'un secteur à l'autre. Le laxisme d'un maire peut donc annuler les efforts d'éradication de son voisin. D'où l'importance d'une stratégie commune, à la grandeur de l'île.

Il y aura bientôt trois ans que le premier agrile a été retrouvé dans les plis d'un frêne, et pourtant, les maires de l'île marchent encore aujourd'hui en ordre dispersé, comme si chacun espérait que l'insecte survole son secteur. La plupart des villes et arrondissements possèdent un inventaire des arbres sur leur territoire, mais cinq arrondissements se fient à un document qui a plus de cinq ans, tandis que deux villes défusionnées n'en ont carrément pas! En outre, si la majorité des villes et arrondissements font du dépistage annuel d'agrile, il y en a tout de même six qui se permettent de ne pas le faire.

Or il y a deux éléments primordiaux dans la lutte contre ce coléoptère exotique: la solidarité et la rapidité. Tous doivent agir de concert, tous doivent agir rapidement afin de traiter les frênes, d'abattre les plus infectés et d'imposer un seul programme de dépistage précoce à l'ensemble de l'île.

Si les maires sont jaloux de leurs frontières, l'agrile, lui, s'en moque éperdument...




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer