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Les études sont contradictoires quant aux retombées réelles... (Photo Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Les études sont contradictoires quant aux retombées réelles de l'utilisation de caméras de surveillance au centre-ville de Montréal.

Photo Ivanoh Demers, archives La Presse

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Répondant aux inquiétudes de résidents et commerçants du centre-ville, Denis Coderre veut «lancer le débat» sur l'installation de caméras de surveillance additionnelles dans les endroits chauds de Montréal.

Consulter la population sur cette délicate question est une excellente idée, mais le maire doit aller au bout de son raisonnement : ce n'est pas de quelques vox-pop locaux dont la Ville a besoin, mais bien d'un exercice plus large encadré par l'Office de consultation publique de Montréal.

La vidéosurveillance soulève bien trop les passions pour qu'on l'élargisse précipitamment. Certains réclament des caméras en grand nombre sans se préoccuper de la vie privée, d'autres les rejettent sans souci pour le sentiment d'insécurité.

Or, il existe entre ces deux positions un vaste monde fait de gris et de nuances qu'il importe d'explorer collectivement. «Les caméras ne sont en soi ni bonnes ni mauvaises, elles peuvent être les deux à la fois», soulignent Christian Boudreau et Monica Tremblay, de l'ENAP, dans une étude sur la question.

Dans un contexte où Montréal tente de retenir les jeunes familles et de limiter l'exode des citadins, dans un contexte où la ville doit mieux encadrer les problèmes sociaux sans les chasser des quartiers centraux, il vaut en effet la peine d'examiner l'apport positif que pourrait avoir la vidéosurveillance, déjà largement utilisée par les pouvoirs publics, d'ailleurs.

En fait, il faudrait justement profiter du débat souhaité pour aller plus loin que les consultations organisées dans le passé, pour débattre certes de la pertinence d'en ajouter en soupesant les pour et les contre, mais d'abord d'évaluer leur efficacité jusqu'ici.

Il serait en effet important de connaître l'impact réel de la vingtaine de caméras du SPVM sur la sécurité, mais aussi sur l'impression de sécurité. Car même si leur effet sur la criminalité est mitigé (les études sont contradictoires), leur présence peut néanmoins se justifier si elles réduisent, à tout le moins, le sentiment d'insécurité.

On ne peut en effet ignorer ce dernier sous prétexte qu'il ne s'appuie sur rien de vérifiable ou de quantifiable. L'impression d'insécurité, qu'elle soit fondée ou non, peut en effet nuire à la revitalisation d'un quartier, voire le pousser au déclin.

Cela dit, advenant qu'une consultation nous mène à une utilisation accrue des caméras de surveillance, celle-ci devra demeurer exceptionnelle et ne viser que des secteurs anxiogènes, à la fois pour des raisons de vie privée et de coûts.

La vidéosurveillance devra aussi venir en appui au travail des policiers sur le terrain et compléter les efforts de prévention, non pas les remplacer. Plus encore, son efficacité devra faire l'objet d'une évaluation périodique, ce qui manque à l'heure actuelle. Bien des provinces ont d'ailleurs fait de ce suivi une condition sine qua non à leur implantation.

Une vaste consultation permettrait ainsi de mener à un véritable débat sur la vidéosurveillance, de mieux l'encadrer et de s'assurer, du coup, que la police a épuisé l'ensemble des moyens moins intrusifs avant de se résigner à ajouter des caméras.




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