Penser métropole

Le maire de Montréal, Denis Coderre.... (Photo Ryan Remiorz, archives La Presse Canadienne)

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Le maire de Montréal, Denis Coderre.

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Le premier discours de Denis Coderre en tant que président de la Communauté métropolitaine s'est mérité deux ovations, hier, ce qui est plus que n'en a reçu Gérald Tremblay en dix ans à ce poste...

La volonté du maire de Montréal d'exercer un leadership régional fort est manifestement la bienvenue dans un contexte où la véritable compétition se livre entre les grandes agglomérations du continent, non plus entre les municipalités qui les composent.

Denis Coderre a donc raison de miser sur le pouvoir métropolitain, de vouloir rallier les couronnes, de faire valoir la solidarité de Montréal avec les banlieues... mais encore faut-il que les banlieues aussi se sentent solidaires de Montréal, ce qui est loin d'être gagné. Or, sur ce plan, le maire s'en tient à des phrases creuses aux allures de contrevérités.

Il est faux de dire qu'il suffit de rétablir «le lien de confiance» pour que «la région soit forte». Faux de prétendre que les villes de la région vont cesser de se concurrencer «parce qu'elles n'en ont pas intérêt». Faux d'affirmer que tout le Grand-Montréal profite de l'arrivée d'une entreprise peu importe où elle s'installe.

La dure réalité, c'est que les municipalités sont dépendantes du foncier, ce qui les incite à se battre entre elles pour attirer résidents et entreprises, y compris contre la ville-centre. Celle qui gagne rafle la mise, point.

C'est d'ailleurs ce que nous ont rappelé cette semaine les chiffres faisant état d'un «glissement des emplois» de l'île vers les couronnes depuis 40 ans, un phénomène qui tire vers le bas les revenus de la Ville et le nombre d'emplois sur l'île.

Il n'y a pour l'instant rien d'alarmant puisque Montréal conserve un centre fort, mais le «glissement» se fait néanmoins de plus en plus sentir. «On ne constate pas de déclin comme tel, confirme Richard Shearmur, professeur d'économie urbaine et régional à McGill, mais on y est presque...»

Doit-on se battre contre la banlieue pour renverser la tendance, comme le propose Richard Bergeron? Non, cette avenue a été tentée sans succès. Partout sur le continent, les grandes villes sont victimes d'étalement, un phénomène qu'il faut certes limiter, mais qu'il est illusoire de vouloir renverser.

Il faut donc aborder la question autrement. Si Repentigny et Brossard connaissent une forte expansion, par exemple, c'est parce qu'elles sont situées à proximité de Montréal. L'important n'est pas de concentrer tout le développement sur l'île, mais plutôt de bien partager les dépenses de la ville-centre et les revenus de ses satellites.

Cela demande une approche métropolitaine... qui doit aller au-delà des discours jovialistes. En plus d'exiger une diversification des revenus à Québec, les villes doivent oser débattre de solutions douloureuses, mais nécessaires, comme une péréquation métropolitaine, une taxation régionale ou une répartition plus équitable des dépenses liées aux problèmes sociaux et au transport en commun.

Or la fin de non-recevoir que les banlieues ont opposée au péage régional et à la hausse des tarifs d'immatriculation ces dernières années montre qu'il ne suffit pas de se dire solidaire pour l'être.

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