Une perte pour Montréal

Richard Bergeron a annoncé qu'il quitterait le parti... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Richard Bergeron a annoncé qu'il quitterait le parti qu'il a fondé, Projet Montréal, ainsi que la vie politique d'ici deux ans.

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Richard Bergeron tirera sa révérence d'ici deux ans, un geste d'une grande dignité, à l'image de son parcours politique.

Le fondateur de Projet Montréal a perdu les élections à la mairie, mais il les a gagnées à titre de chef d'un parti qui a doublé sa présence au conseil municipal. Un parti qu'il a fondé, qu'il a enraciné, qu'il quittera en pleine croissance.

M. Bergeron aurait pu s'accrocher. Après tout, il a réussi une partie de son pari. Sa formation est aujourd'hui plus solide et crédible. Elle deviendra l'opposition officielle. Tous ses élus ont été réélus. Elle peut compter sur 20 représentants au conseil, 8 en arrondissements. Après avoir percé dans seulement trois districts en 2009, elle a pris la tête de cinq arrondissements cette fois.

Sur le terrain, Projet Montréal a réussi à faire des percées en dehors de ses châteaux forts, dans le Sud-Ouest, Côte-des-Neiges, Ville-Marie et Hochelaga-Maisonneuve. Il a même étendu ses tentacules en dehors des quartiers centraux, dans Verdun et Outremont.

Mais voilà, même si son parti a le vent dans les voiles, Richard Bergeron n'avait pas tellement le choix de le quitter. Il a été un excellent chef, donnant à son parti direction et vision, mais il n'est plus le porte-parole dont ce dernier a besoin à ce moment charnière de son existence...

Richard Bergeron s'est forgé avec le temps l'image d'un chef inflexible, dogmatique et peu ouvert aux sensibilités des quartiers excentrés, une image qu'il a renforcée ces dernières semaines. En citant le Plateau comme modèle à implanter à la grandeur de l'île, il a lui-même imposé des limites au potentiel électoral de sa formation. En martelant son idée de tramway comme si l'existence de sa formation en dépendait, il a donné l'impression que Projet était le parti d'un seul projet.

Or après neuf ans d'existence, la formation de M. Bergeron est à la croisée des chemins. Il doit choisir entre une consolidation au coeur de l'île, ce qui lui permettrait de gagner DES mairies dans quatre ans, et une expansion à l'extérieur de l'ancienne ville, seule façon d'envisager LA mairie en 2017. Entendons-nous, Projet Montréal n'a pas à devenir un autre parti à l'intégrité aussi élastique que les idées, il n'a pas à perdre son âme, seulement son stigmate jusqu'au-boutiste. 

Le parti a une vision bien établie de ce qu'est une ville durable, il mise sur la participation des citoyens, il a un fort parti-pris pour le transport actif et la qualité de vie. Une idéologie qui peut plaire au plus grand nombre... à condition d'éviter l'intégrisme, le «crois ou meurs».

Projet Montréal ne séduira peut-être jamais les arrondissements de banlieue qui jouent les défusionnés, comme Anjou, Saint-Laurent et LaSalle. Mais ce que les résultats de dimanche ont prouvé, c'est qu'il jouit d'un potentiel de croissance plus grand que prévu en dehors de l'axe Plateau-Rosemont.

L'arrivée d'un nouveau chef pourrait se traduire en gains pour Projet Montréal, même si le départ de Richard Bergeron est une perte indéniable pour Montréal.

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