«Vente de feu»

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L'arrondissement du Mont-Royal sera bientôt un marché d'acheteurs. Pas moins d'une vingtaine de bâtiments seront abandonnés au cours des prochaines années, un phénomène de désertion qui se transformera en «vente de feu» si le gouvernement garde obstinément les bras croisés.

Le couvent des soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie est déjà vide. Les 14 pavillons du Royal-Victoria ainsi que l'hôpital Shriners le seront en 2015. Et l'Hôtel-Dieu se libèrera en 2017. Et pourtant, Québec, qui est propriétaire de la plupart des bâtiments et responsable de l'«arrondissement historique et naturel du Mont-Royal», n'a lancé aucune réflexion sur l'abandon de ces grands ensembles institutionnels.

Pire, il n'était pas du Sommet organisé vendredi dernier par la Ville et les Amis de la montagne pour entamer les discussions sur le sujet. Inexcusable. Car le temps perdu risque d'inciter à la précipitation, précisément ce qu'il faut éviter dans ce dossier.

Plus on attend, en effet, plus la tentation sera grande de commencer par la fin en cherchant un propriétaire pour occuper rapidement le Royal-Vic et l'Hôtel-Dieu. Inévitablement, cela se traduirait par une privatisation des lieux, comme ce fut le cas pour Marianopolis, ou par une multiplication de projets qui n'aboutissent jamais, comme pour la gare Viger.

Certes, l'Université McGill se dit intéressée par le Royal-Victoria, ce qui semble idéal. Mais le même raisonnement vaut pour le privé et le public: une action hâtive risque d'ouvrir la porte à des projets bâclés, comme en témoigne l'achat du couvent du 1420, avenue du Mont-Royal par l'Université de Montréal.

Ayant mal évalué les travaux, cette dernière a fini par conclure qu'elle n'avait pas les moyens de reconvertir l'édifice, l'a vendu à Catania, pour ensuite revenir sur sa décision... et ne plus savoir qu'en faire.

Or, que ce soit le 1420, l'îlot Voyageur ou le 1750, avenue Cedar, les exemples de fiascos universitaires sont assez nombreux pour inciter le gouvernement à la plus grande prudence.

Avant donc de chercher LE projet, il importe de prendre un peu de recul et de se demander comment s'assurer de maximiser le potentiel de ces magnifiques propriétés. Par l'élaboration d'une stratégie permettant d'avoir une vision d'ensemble des lieux? Par une prospection d'investisseurs à l'international, comme on l'a fait pour le silo no 5? Ou par la création d'une structure ayant pour mandat de trouver une combinaison d'usages et de partenariats pour occuper ces 240 000 m2 de surfaces bientôt disponibles?

Cette dernière option est intéressante en ce qu'elle s'appuie sur des réussites passées: le Vieux-Montréal et le Quartier international. Des reconversions impressionnantes menées par des organismes ad hoc formés de partenaires publics et privés.

Mais peu importe ce qu'on choisira de faire, l'important pour l'instant est d'amorcer rapidement la réflexion afin de valoriser ces bâtiments abandonnés plutôt que de s'en débarrasser à la hâte.

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