Là où ça fait mal

Il y a une bonne et mauvaise nouvelle à la suite de la panne du métro de... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Il y a une bonne et mauvaise nouvelle à la suite de la panne du métro de mardi...

La bonne, c'est que le système informatique qui a connu plusieurs ratés ces derniers mois n'est pas en cause, pas plus que la vétusté du matériel. Il s'agit plutôt du réseau de télétransmission qui a flanché pour une seconde fois en sept ans, un problème ponctuel qui ne devrait pas se reproduire à court terme.

La mauvaise nouvelle, par contre, c'est que cette explication importe peu : le mal est fait...

On s'entend, que des centaines de pannes partielles et de courtes durées affectent le réseau chaque année, cela ne pose pas trop problème. Les usagers savent que des imprévus surviennent en raison d'objets échappés sur les rails, de portes obstruées, voire de suicides.

La seule chose que la STM peut faire, c'est de réduire la durée des arrêts et d'informer la clientèle, ce qu'elle a passablement amélioré.

Mais une septième panne généralisée en un an, la troisième à l'heure de pointe, est tout à fait impardonnable. Car elle s'attaque à ce que le transporteur public a de plus précieux : sa réputation de fiabilité, de prévisibilité.

Les usagers ne pensent pas trop à la fiabilité du réseau, pas plus qu'à la sécurité des stations tant elles sont acquises à Montréal. Lorsqu'ils franchissent l'édicule du métro, ils s'attendent à ce que ce dernier se pointe en quelques minutes et qu'ils les amènent sans heurt du point A au point B sans trop de risques de retards.

C'est ce que la STM offre avec un taux d'efficacité frôlant les 98%. C'est ce que les usagers apprécient en général. Et c'est ce qui donne une valeur ajoutée au transport en commun par rapport au transport individuel.

Mais entre perceptions et réalité, il y a un écart... que les pannes généralisées creusent chaque fois un peu plus.

Certes, il y a plus de pépins et de délais en auto. Les risques d'un détour, d'un bouchon ou d'un accident sont plus grands qu'en métro. Mais la patience, elle aussi, est plus grande dans le confort de son auto qu'entassé dans le métro. Malgré des temps de déplacement en hausse, les automobilistes sont plus nombreux à apprécier leur navette (38%) qu'à la maudire (28%), selon Statistique Canada.

Pour convaincre les automobilistes de prendre le transport en commun, et ainsi réduire pollution et congestion, il faut donc plus que la promesse d'un peu de temps de lecture : il faut une fiabilité presque sans faille, surtout quand les tarifs augmentent.

Or cela semble avoir été piétiné ces dernières années. Que l'on pense à la décision du gouvernement Charest (confirmée par le gouvernement Marois) d'étaler dans le temps les investissements en entretien. Ou à l'incompétence avec laquelle la STM a piloté le projet de commande centralisée du métro (celui-là même qui a flanché 5 fois au cours de la dernière année).

Le transport en commun doit être traité non pas comme un pis-aller, mais comme un produit qui doit se distinguer dans un marché concurrentiel. Un produit dont l'image a été un peu plus ternie mardi.

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