Panne de courtoisie

Les comportements des usagers de la route sont... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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Les comportements des usagers de la route sont la cause numéro un des collisions à Montréal.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

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Les automobilistes québécois sont d'incorrigibles délinquants, surtout lorsqu'on les compare aux autres Canadiens. Le phénomène est connu et documenté, au point où les autorités en ont fait une priorité ces dernières années.

Et pourtant, le problème s'aggrave...

Un sondage Léger dont les résultats ont été publiés dans La Presse, hier, montre en effet que la courtoisie au volant est en régression au Québec, et du coup, que le sentiment d'insécurité sur la route est en augmentation.

Pas moins de 71% des Québécois considèrent les automobilistes «agressifs», 74% avouent que cela accroît leur insécurité, et 81% vont jusqu'à dire que le manque de courtoisie est un «important problème».

Ah oui... Et 98% se disent tout à fait courtois. Bien sûr.

Est-ce que cela a un effet sur les accidents et collisions? Certaines données tendent à montrer que oui, à Montréal du moins.

Certes, le SPVM se réjouissait, en avril dernier, d'une «nette amélioration» du bilan routier depuis cinq ans, puis de sa «stabilisation» ces dernières années. Il montrait alors le peu d'écart entre les données de 2010 et de 2011... mais sans jamais donner les statistiques des années antérieures.

Or, il suffit de comparer les bilans passés pour s'apercevoir d'une tendance inquiétante, qui recoupe d'ailleurs l'enquête de Léger. Alors que ce dernier note une baisse de la courtoisie depuis 2008, on observe à Montréal une hausse marquée du nombre de décès et de collisions avec blessés graves depuis... le creux de 2008.

Il serait évidemment hasardeux de tracer un lien de cause à effet entre ces deux phénomènes... mais il serait périlleux de ne pas l'envisager. Surtout quand le SPVM précise que «les comportements des usagers sont la cause numéro un des collisions à Montréal».

Comment expliquer ces tendances troublantes? Les facteurs sont nombreux. Contentons-nous d'en évoquer deux: le relâchement des comportements et le relâchement de la vigilance.

Les usagers de la route, d'abord, sont de plus en plus nombreux, de même que les obstacles et les chantiers. Pas surprenant que les comportements déviants se multiplient: automobilistes qui accélèrent pour rattraper le temps perdu, piéton qui traverse sur la rouge, cyclistes qui zigzaguent dans le trafic...

Or, la recherche a prouvé que les comportements délinquants testent les nerfs des usagers de la route... qui répondent par des comportements délinquants. L'automobiliste collera la voiture qui s'est rangée devant lui, dépassera en trombe le conducteur qui a osé le couper, accélèrera en apercevant un piéton traverser sans en avoir le droit...

Parallèlement, fait inquiétant, on observe un autre relâchement, celui des autorités. Le nombre de constats d'infraction émis aux automobilistes a connu une importante baisse l'an dernier. La SAAQ a réduit l'ampleur de ses campagnes de sensibilisation. Et la Ville a tardé à implanter les mesures d'apaisement de la circulation promises.

Inutile, donc, de chercher un unique coupable, sinon ce relâchement généralisé... dont tout le monde est responsable.

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