Le commerce au temps du protectionnisme

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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, était à Davos, hier.

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Une négociation qui s'étire, une qui aboutit. C'est le pointage du Canada pour la journée d'hier, alors que la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) s'annonce toujours aussi longue, mais que le Partenariat transpacifique vient d'être ressuscité.

«C'est un exemple de réplique à la fermeture et à l'opposition au commerce international», a déclaré le premier ministre Justin Trudeau au Forum économique mondial de Davos.

Les 11 pays signataires de l'Accord de partenariat transpacifique qui avaient été largués par les États-Unis l'an dernier se sont finalement entendus entre eux pour conclure un nouvel accord. Cette annonce, un an jour pour jour après la signature du retrait américain, a un peu allégé l'atmosphère qui pèse sur le commerce international.

Cette entente s'inscrit dans une logique inverse des nouveaux tarifs douaniers annoncés lundi par Washington sur les importations de panneaux solaires et de machines à laver. Cette fois, ce sont la Chine et la Corée du Sud qui sont visées - la Chine dont le gouvernement américain a affirmé récemment s'être trompé en appuyant son entrée à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), et la Corée du Sud avec laquelle l'administration Trump a exigé la renégociation de son accord de libre-échange. Toutefois, ça commence drôlement à ressembler à un motif récurrent.

Tout comme le Canada, la Chine et la Corée du Sud ont annoncé leur intention d'en appeler à l'OMC.

Sauf qu'à cet endroit-là aussi, les États-Unis essaient de tirer la couverture à eux, en s'opposant à la nomination de nouveaux membres de l'organe d'appel pour remplacer ceux dont le mandat est échu, faisant craindre que le mécanisme finisse par être paralysé faute d'un nombre suffisant de juges.

Le réflexe protectionniste qui s'est manifesté un peu partout dans le monde dans la foulée de la crise de 2008 était compréhensible : en période de grandes difficultés économiques, la tentation est grande de se replier son marché intérieur.

Par contre, dans le contexte de croissance qui existe actuellement aux États-Unis, et dont le président Trump ne cesse de se vanter, c'est déroutant.

«On parle du positif, du positif, du positif, mais il faut vraiment qu'on reconnaisse que des gens ont perdu leur boulot. C'est le défi : comment on aide ceux qui ont des problèmes avec l'ALENA», a fait valoir le président de la Chambre de commerce de San Antonio, au Texas, en conférence de presse lundi à Montréal.

Sauf qu'on a beau multiplier les démonstrations sur les dizaines de milliers d'emplois américains qui dépendent de l'ALENA, et qui risquent de disparaître avec lui, le discours inverse a des promoteurs très efficaces. Entre les entreprises qui n'osent pas contredire Donald Trump lorsque celui-ci s'attribue les mérites des emplois qu'elles créent, et celles qui, comme Whirlpool, embarquent à pieds joints dans son jeu en clamant que les nouveaux tarifs sur les laveuses créeront de l'emploi en Ohio, au Kentucky, en Caroline du Sud et au Tennessee, ça commence à faire pas mal d'exemples à l'appui du protectionnisme.

«Si nous voulons faire reculer la tendance anti-commerce international, il faut placer les préoccupations et le bien-être de nos citoyens au coeur de ce que nous négocions», a reconnu Justin Trudeau à Davos.

À voir la réaction d'un grand syndicat comme les Teamsters qui, tout en étant favorable à une entente canado-américaine, s'est empressé de dénoncer la nouvelle mouture du PTP, il reste du travail de vente à faire.




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