Cellulaire au volant: pour aussi peu que 80 $...

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«Les coroners ont multiplié les recommandations-chocs au cours des dernières années. L'une d'entre elles, au moins, devrait être étudiée sérieusement : rendre l'infraction criminelle», estime Ariane Krol.

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Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, voudrait que le cellulaire au volant soit puni plus sévèrement, et son homologue québécois Laurent Lessard est ouvert à l'idée. Mais réussira-t-on à dompter les conducteurs simplement en augmentant les amendes? C'est loin d'être évident.

«J'aimerais encourager, et aider si nécessaire, tous les gouvernements à envisager d'adopter des mesures dissuasives plus strictes qui seraient uniformes partout au pays», annonce le ministre Garneau dans une lettre envoyée récemment aux ministres des Transports des provinces et des territoires.

Marc Garneau ne montre personne du doigt, mais le Québec est en première ligne.

C'est ici que l'amende pour conduite avec cellulaire à la main est la plus faible.

Un conducteur pris en faute peut s'en tirer pour aussi peu que 80 $ (avant frais). À l'autre extrémité du spectre, la Colombie-Britannique réclame 543 $ à la première infraction, et 888 $ en cas de récidive. L'amende maximale prévue au Québec est de 100 $ (avant frais).

Pour qu'une pénalité identique soit imposée d'un océan à l'autre, il faudrait que les provinces et territoires en prennent l'initiative, car la sécurité routière relève de leurs compétences. Le ministre Garneau n'a pas encore reçu leurs réponses, mais il aimerait que le sujet soit abordé à la prochaine réunion fédérale-provinciale.

Le problème des textos au volant a d'ailleurs été soulevé à plusieurs reprises au cours de la grande consultation sur la sécurité routière, qui s'est terminée vendredi dernier à Québec. Le ministre Lessard s'attend à ce que les sanctions fassent partie des recommandations de la Société de l'assurance automobile, et il s'est dit ouvert à un resserrement.

Il faudra voir de quelle façon.

À quatre points d'inaptitude, le Québec est déjà dans la moyenne canadienne. Et l'effet dissuasif de cette pénalité varie beaucoup selon les individus. Celui dont le permis est déjà hypothéqué y sera plus sensible, mais pour celui dont le dossier est vierge, la menace est un peu abstraite. Recevoir une amende, par contre, est désagréable pour tous. Québec ne devrait pas hésiter à taper sur ce clou.

Est-ce que cela suffira à dissuader les gens de manipuler leur cellulaire au volant? À voir à quel point cette habitude est répandue, on en doute.

Les mauvaises habitudes sont tenaces : certains des conducteurs morts le téléphone à la main avaient même déjà été arrêtés pour une telle infraction.

Installer des brouilleurs d'ondes dans les véhicules, saisir le cellulaire du conducteur pour 30 jours, infliger neuf points d'inaptitude à la première infraction : les coroners ont multiplié les recommandations-chocs au cours des dernières années. L'une d'entre elles, au moins, devrait être étudiée sérieusement : rendre l'infraction criminelle, au même titre que la conduite avec facultés affaiblies. Le Code criminel relevant du fédéral, le ministre Lessard a interpellé Ottawa à ce sujet l'an dernier, mais la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, n'a montré aucun intérêt jusqu'ici.

Dommage, mais ce n'est que partie remise. Avec la hausse des accidents mortels et avec dommages corporels imputables à la distraction, le cellulaire n'est pas près de disparaître de l'écran radar. Et si les amendes et la sensibilisation ne réussissent pas à venir à bout de l'insouciance des conducteurs, les comparaisons avec l'alcool referont inévitablement surface.




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