Vente de Rona, 6 mois plus tard : séduire à tout prix

« La politique de Lowe's Canada en faveur des... (PHOTO BRENT CLARK, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

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« La politique de Lowe's Canada en faveur des manufacturiers canadiens ne rassure les entreprises québécoises qu'à moitié, d'autant que d'autres critères seront déterminants », écrit Ariane Krol. Sur la photo, un magasin Lowe's en Caroline du Nord.

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Des magasins Rona verront bientôt leur enseigne remplacée par celle de Lowe's, a confirmé le géant américain cette semaine. La nouvelle, on l'a vu, a semé l'émoi ici. La frustration causée par la vente de cette grande entreprise québécoise à des intérêts étrangers est encore vive, et ce serait une erreur de tenir la clientèle pour acquise. L'acquéreur va devoir se livrer à une opération de charme s'il veut rentabiliser son investissement.

L'enseigne Lowe's ne se verra pourtant pas à chaque coin de rue, loin s'en faut. Dans tout le Canada, 40 Rona se joindront à la quarantaine de grandes surfaces déjà à cette enseigne.

Seulement 17 de ces magasins, des Rona l'Entrepôt, sont situés au Québec. Et ils ne seront pas transformés avant le courant de 2018, le temps que le nouveau système informatique soit prêt.

La direction a eu beau insister sur ces éléments cette semaine, l'annonce a suscité de vives réactions. De toute évidence, la blessure est encore à vif. Il n'est pas besoin de gratter beaucoup pour la rouvrir, et la question des fournisseurs risque d'y contribuer périodiquement.

La politique de Lowe's Canada en faveur des manufacturiers canadiens ne rassure les entreprises québécoises qu'à moitié, d'autant que d'autres critères seront déterminants. Outre la qualité et les préférences des consommateurs, les prix et la capacité de production sont des incontournables, a souligné la direction. Certains fournisseurs ne pourront pas suivre, et ça se saura. Lowe's Canada aura beau répéter, avec raison, qu'un détaillant ajuste constamment ses achats, ces décisions n'aideront pas sa cause.

Ce n'est pas qu'une question d'image. Le géant américain a fait un investissement significatif en achetant Rona, et il a de grandes ambitions.

Même si le Canada ne représente que 7 % de ses affaires, la société s'attend à ce qu'il contribue à la croissance de son bénéfice, a récemment indiqué son vice-président finances. Objectif : doubler la rentabilité des activités canadiennes d'ici cinq ans. Ce n'est vraiment pas le moment de faire fuir la clientèle - en particulier au Québec, où se trouvent près de la moitié des emplacements de Rona.

Jusqu'ici, l'acheteur a joué ses cartes intelligemment, faisant du siège social de Rona à Boucherville celui de Lowe's Canada, et plaçant à sa tête un Québécois rompu au commerce de détail canadien, Sylvain Prud'homme.

Le spectre d'un épisode à la Provigo-Loblaws, où ce n'était pas uniquement l'enseigne, mais aussi l'offre en magasin qui était devenue étrangère aux consommateurs peu après la prise de contrôle, paraît donc écarté.

Mieux encore, la direction semble déterminée à redonner du lustre à Rona, en investissant tant dans ses magasins que dans ses marchands affiliés. Il faudra voir si tous les ingrédients de la recette Lowe's, dont les électroménagers et ses marques privées, seront aussi populaires ici, mais son expertise en commerce électronique sera certainement bienvenue.

Les consommateurs, comme toujours, auront le dernier mot.




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