Guide alimentaire canadien : loin de la coupe aux lèvres

« À peine plus du tiers des Canadiens se... (Photo Paul Chiasson, archives La Presse canadienne)

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« À peine plus du tiers des Canadiens se sont déjà servis du Guide pour savoir quoi manger, révèle la dernière Enquête sur la santé des collectivités canadiennes », note Ariane Krol.

Photo Paul Chiasson, archives La Presse canadienne

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Le prochain Guide alimentaire sera bien différent, a annoncé récemment la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott. Tant mieux. Encore faut-il que les consommateurs le mettent en pratique, ce qui est loin d'être le cas actuellement.

C'est l'un des documents les plus demandés au fédéral, mais ce n'est certainement pas le plus utilisé. Près de 85 % de la population a déjà consulté le Guide alimentaire canadien ou en a entendu parler, montrent les données produites pour La Presse par Statistique Canada. Son influence, par contre, laisse à désirer.

À peine plus du tiers des Canadiens se sont déjà servis du Guide pour savoir quoi manger, révèle la dernière Enquête sur la santé des collectivités canadiennes. Pis, seulement le quart d'entre eux l'ont utilisé pour décider quoi acheter à l'épicerie ou au restaurant.

Pour un document qui se veut un outil de santé publique, c'est un grave problème.

Le Canada produit des guides alimentaires depuis près de 75 ans. Chaque édition s'est attaquée à des enjeux de son temps.

Le guide de 1942 aidait les citoyens à composer avec le rationnement et la pauvreté. Celui de 1961 a innové en recommandant des quantités précises de lait pour les femmes enceintes et allaitantes. Celui de 1982 conseillait d'y aller mollo avec le gras, le sucre, le sel et l'alcool afin de prévenir les maladies chroniques.

La progression alarmante du surpoids et de l'obésité, chez les jeunes comme chez les adultes, est l'un des plus grands défis de santé publique qui se pose aujourd'hui. Malheureusement, le Guide alimentaire a peu d'effet sur les choix individuels. À peine un Canadien sur trois l'utilise pour déterminer la quantité de nourriture dont lui ou sa famille a besoin chaque jour. Et moins d'un sur cinq s'y est référé pour gérer son poids.

Il faut dire que les fameuses portions qui sont le fondement du guide actuel n'aident pas à s'y retrouver. Assez de laitue pour remplir une tasse ? La moitié d'un muffin à condition que celui-ci pèse 70 g ? Une demi-tasse de jambon, de dinde ou de foie ? Si vous avez déjà entrepris de peser et de mesurer tout ce que vous mangez dans un but de performance sportive ou d'amaigrissement, ça peut aller, mais autrement, c'est plus mélangeant qu'autre chose.

Le Guide alimentaire demeure une référence importante, notamment pour l'élaboration de menus et de politiques alimentaires en milieu institutionnel (hôpitaux, écoles, prisons, etc.). Il est aussi largement enseigné, et pas seulement dans les facultés de nutrition : les 12 à 19 ans sont les plus nombreux à en avoir entendu parler et à l'avoir déjà consulté, montre l'enquête de Statistique Canada. Mais pour que cette référence soit d'utilité publique, il faut que les particuliers se l'approprient. C'est le grand défi qui attend Santé Canada.

Au-delà de l'habituelle mise à jour des recommandations pour tenir compte des dernières avancées de la science, un immense travail de design et de communication devra être fait pour ce guide. Il faudra s'assurer que la nouvelle mouture est non seulement digeste, mais appétissante, et même irrésistible.

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