Guide alimentaire canadien : une recette à revoir

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« La place réservée à l'industrie alimentaire dans la préparation du dernier Guide alimentaire canadien a suscité beaucoup de méfiance et de critiques », écrit Ariane Krol.

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La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, devrait bientôt faire une annonce sur le Guide alimentaire canadien, nous dit-on à son bureau. Il était temps ! Le véritable défi, toutefois, ne sera pas de mettre cet outil à jour, mais de lui redonner de la pertinence.

Le Guide alimentaire actuel a près de 10 ans - et même davantage puisqu'il est le résultat de plusieurs années de travail antérieures. En tardant autant à le renouveler, Santé Canada lui a fait perdre beaucoup de sa pertinence.

Les connaissances ont évolué et le Guide n'a pas suivi. Pour un document qui se veut une référence nationale, c'est un handicap majeur.

D'autant que les attentes, pendant ce temps, ont augmenté. L'impact de l'alimentation sur la santé préoccupe de plus en plus de gens, parmi les scientifiques comme dans la population. On exige donc davantage d'un guide alimentaire.

Aujourd'hui, on s'attend à ce que les aliments donnés en exemple ne soient pas seulement tolérables ou acceptables, mais recommandables. Vu sous cet angle, le verre de jus de fruits détonne de plus en plus dans la liste des fruits et légumes. Et on se demande si les charcuteries ont encore leur place parmi les viandes et substituts.

Rafraîchir le contenu en fonction de l'évolution de la science n'a toutefois rien de sorcier, d'autant que Santé Canada a déjà commencé à préparer le terrain.

Le défi sera plutôt de faire en sorte que le document rejoigne son public.

Certes, le Guide alimentaire canadien aura toujours une clientèle de base. Il est enseigné dans les programmes de sciences de la nutrition. Il sert à concevoir et à évaluer des menus dans de nombreux milieux institutionnels (établissements de santé, services de garde, etc.). Il permet d'amorcer la discussion sur les habitudes alimentaires à l'école ou avec un patient.

Mais pour le grand public, c'est une voix parmi tant d'autres. Et elle est de moins en moins audible dans la cacophonie ambiante. Celui qui veut modifier son alimentation a l'embarras du choix. Internet, magazines, livres : il y en a pour tous les goûts. Les méthodes et les conseils pullulent, pas toujours avisés, mais souvent plus alléchants que la présentation et le contenu du document gouvernemental.

Santé Canada a fait des efforts depuis la publication de la dernière mouture (guide publié en 10 langues, version adaptée à l'alimentation autochtone, etc.). Cependant, il en faudra beaucoup plus. L'application mobile, par exemple, doit être repensée de fond en comble. Rendre le contenu accessible ne suffit pas. Si on veut que le message porte, il faut aller chercher l'utilisateur : le surprendre et le bousculer gentiment, l'amener à interagir, l'amuser.

Pour être pertinent, il faut aussi être crédible. Or, la place réservée à l'industrie alimentaire dans la préparation du dernier Guide a suscité beaucoup de méfiance et de critiques. Les organisations de producteurs et de transformateurs ont le droit de faire des représentations et de plaider leur cause. Par contre, il est évident que les inclure parmi les « parties intéressées », sur un pied d'égalité avec des spécialistes du milieu universitaire ou de la santé publique, n'aide en rien à la crédibilité du résultat final. La ministre doit s'assurer que Santé Canada ne répète pas cette erreur.

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