Abolition des frais accessoires : un engagement, bien des inconnues

Les patients qui reçoivent des soins couverts par... (PHOTO PATRICK T. FALLON, ARCHIVES BLOOMBERG)

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Les patients qui reçoivent des soins couverts par le régime public en cabinet plutôt qu'à l'hôpital n'auront plus à payer de suppléments, a annoncé le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

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Fini les frais accessoires. En janvier, les patients qui reçoivent des soins couverts par le régime public en cabinet plutôt qu'à l'hôpital n'auront plus à payer de suppléments, a annoncé le ministre de la Santé Gaétan Barrette cette semaine.

Mais dans quelle mesure ces traitements demeureront-ils accessibles ? Et qui compensera ces 83 millions que les médecins et les cliniques pigent annuellement dans les poches des Québécois ? Cela reste à voir.

Les fédérations médicales devront trouver l'argent à l'intérieur de leurs enveloppes de rémunération et si les médecins refusent et décident plutôt de réduire l'accès, ils en porteront l'odieux, a prévenu le ministre Barrette.

Ça ne s'annonce pas si simple.

Sans argent pour compenser la perte des frais accessoires, les omnipraticiens qui font des vasectomies en cabinet ne voient pas comment ils pourront continuer. Les spécialistes qui travaillent avec des installations coûteuses (salles d'opération, équipements de pointe) non plus. Et si tous ces médecins arrêtent de traiter des patients en clinique, l'attente risque d'augmenter. Mais pour que les fédérations prennent le relais, il faudra que leurs membres y consentent - incluant ceux qui, n'ayant pas d'activités en cabinet, ne sont pas touchés par cette perte de revenus.

Les fédérations, toutefois, marchent sur des oeufs. Leurs juteuses augmentations des dernières années ont épuisé leur capital de sympathie, elles en sont bien conscientes.

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, le Dr Louis Godin, a espoir que son conseil général se montre sensible à la situation, et que des aménagements pourront être faits.

Son homologue, la Dre Diane Francoeur, dit que la Fédération des médecins spécialistes est prête à faire sa part. Les produits peu coûteux, comme les fameuses gouttes, seront absorbés. Pour les infrastructures et équipements lourds utilisés par certains spécialistes (chirurgiens, gastroentérologues, physiatres, ophtalmologistes, etc.), par contre, c'est non.

Il va falloir trouver une solution, et vite, car janvier arrive à grands pas.

Le ministre Barrette se dit d'ailleurs conscient de l'enjeu que posent les gros équipements. Il veut regarder d'une part comment ceux-ci sont inclus dans la rémunération des médecins des autres provinces et, d'autre part, comment le volume d'interventions pourrait être augmenté dans les établissements publics. C'est à suivre.

Restent les poursuites. En effet, même si l'État québécois interdit les frais accessoires, ses années de laxisme à leur égard pourraient finir par le rattraper, et lui coûter très cher : entre les deux demandes de recours collectifs et la requête enjoignant au fédéral d'intervenir en réduisant ses paiements de transfert, il y en a pour des millions de dollars...

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